đź’ˇ Jardin de pierres

Un jardin de pierres japonais est un lieu singulier et surprenant

Celui qui découvre un jardin japonais pour la première fois est frappé par l’austérité du lieu. Un jardin japonais consiste essentiellement en un certain nombre de pierres déposées sur un lit de gravier.

Jardin de pierres par Sylvie Gendreau

Jardin de pierres par Sylvie Gendreau

Celui dont il est question dans l’article de Paul Schollmeier*, le jardin de pierres de Ryonanji, est un jardin que l’on peut qualifier de minimaliste. Trois éléments le composent : des pierres, du gravier et de la mousse. Les pierres, il y en quinze en tout, varient en taille. Elles sont disposées selon un ordre précis sur un vaste lit de gravier méticuleusement ratissé afin de former des billons rectilignes ou curvilignes.

Faire le vide !

Le jardin de Ryonanji est à ce point ascétique que la sensation première qu’il dégage est celle du vide. Un espace nu. Ce dénuement, ce vide est amplifié, mais en même temps s’harmonise avec la présence des rochers.

Le statisme du jardin est tel qu’il finit par donner l’apparence, à la longue, à force de le contempler, d’être dynamique. Lorsqu’on y regarde de près, les pierres semblent bouger. Ils donnent l’impression de s’élever imperceptiblement. Ce mouvement fugace ajoute à la sérénité du lieu.

Plusieurs images nous viennent à l’esprit en contemplant le jardin. Il peut sembler prendre les aspects d’un paysage. Un paysage dans lequel les rochers ressemblent à des montagnes s’élevant lentement au-dessus des nuages ou perçant une épaisse couche de brouillard. Ou pourquoi pas, des montagnes émergeant au-dessus de l’eau ?

De la métaphore géologique, on peut facilement passer à celle, psychologique, de l’esprit de l’individu éveillé, indifférent et imperturbable face aux illusions des apparences.

Les jardins de pierres nous rappellent que nous aussi nous sommes en continuel mouvement. Nous éprouvons à la fois notre solidité et notre évanescence. Nous avons notre identité propre, mais elle change constamment en fonction du temps qui passe et des expériences auxquelles nous sommes confrontés.

Vocation : jardinier

Les rochers, dans un jardin de pierres, projettent une sensation de solidité, de pérennité, tout en donnant l’impression de flotter ou même de se déplacer. Ils demeurent inchangés, et en même temps, ils changent. Ce caractère à la fois immuable et éphémère est demeuré le même au fil des siècles : pendant tout ce temps, les jardiniers qui se sont succédés ont pris soin de préserver le jardin de Ryonanji.

La science moderne nous a appris beaucoup de choses sur nous : sur notre corps, notre cerveau, nos mécanismes de cognition.

Les avancées de la science nous ont enseigné, entre autre, que les cellules de notre corps se régénèrent constamment. Que notre mémoire est transitoire, qu’elle évolue elle aussi, et que nous revisitons nos souvenirs en les reconstruisant, jamais à l’identique.

Ce que nous sommes, ou croyons être, change sans cesse. Ce constat récent est parfaitement en accord avec la pensée qui animait les premiers concepteurs des jardins de pierre.

Cultiver son jardin intérieur

L’expression que nous utilisons souvent, celle du « jardin intérieur » pourrait être considérée sous un jour nouveau. À l’instar d’un jardin japonais, nous pouvons, à intervalles réguliers, ratisser nos lignes de vie et prendre du recul afin de contempler, dans une vue d’ensemble, ce à quoi ressemble notre vie, et où elle semble imperceptiblement se diriger.

Je propose d’ailleurs une petite balade à la rencontre de vous-même dans le programme en ligne Ma vie telle que je l’imagine, notre cerveau a besoin de ces balades intérieures pour mieux savoir où se diriger.

Envie de tenter l’expérience ?

Découvrez l’exercice No. 34

Mieux se concentrer

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Référence

* l’article* de Paul Schollmeier

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