Laboratoire vivant 🔘 pour innover

Les utilisateurs sont souvent Ă  l'origine mĂȘme des innovations.

De nos jours, les innovations sont développées de plus en plus rapidement. La durée de vie utile des produits a tendance à diminuer. Et dans ce contexte, plusieurs produits sont voués à l'échec. Les entreprises, par conséquent, explorent de nouvelles voies pour innover davantage en réduisant les risques techniques et financiers.

 
 

Cette tendance devrait s'accentuer au cours des prochaines annĂ©es compte tenu de l'accessibilitĂ© accrue des technologies, des procĂ©dĂ©s de fabrication, des fablabs et des fabriques. Les utilisateurs ont donc un rĂŽle important Ă  jouer dans le processus de dĂ©veloppement de nouveaux produits, leur rĂŽle Ă©tant de plus en plus reconnu par les entreprises.

Le concept de l'innovation 'à forte teneur technologique' réalisée exclusivement à l'intérieur de l'entreprise évolue pour faire place à une innovation dite plus soft, moins coûteuse, co-développée à l'externe et centrée sur l'utilisateur.

C'est dans ce contexte que les laboratoires vivants ont vu le jour. Si on sait pourquoi ils ont été créés, les points de vue divergent sur ce qu'est un laboratoire vivant.

Pour résumer les principales définitions qui sont habituellement évoquées,

Qu’est-ce qu’un laboratoire vivant ?

1 - une plateforme ouverte d'innovation, une méthodologie, un environnement culturel et technique, un environnement d'expérimentation immersif, ou encore un écosystÚme...

2 - dans lesquels un nombre important et diversifié d'utilisateurs, en étroite collaboration avec des designers, des chercheurs, des techniciens, des ingénieurs, créent, expérimentent, valident de nouvelles réponses à un ou plusieurs problÚmes spécifiques et clairement définis...

3 - dans des conditions et un contexte les plus réalistes possible...

4 - en ayant recours à une panoplie d'approches de stimulation de la créativité, de la planification et de la supervision du travail d'équipe...

5 - pour produire une information riche et détaillée qui sera ensuite analysée et transformée en données utiles afin de créer de nouveaux produits et procédés.

L'objectif n'est pas tant l'optimisation technique, mais plutÎt une meilleure compréhension des besoins des utilisateurs et du contexte d'utilisation.

Deux éléments constituent les attributs clés d'un laboratoire vivant et ils sont, paradoxalement, les plus difficiles à implanter :

1 - La participation active et soutenue des utilisateurs du dĂ©but jusqu'Ă  la fin du processus ;2Le contexte dans lequel les expĂ©rimentations sont menĂ©es et qui doivent ĂȘtre le plus prĂšs possible de l'utilisation visĂ©e.

2 - À l'origine de tout laboratoire vivant rĂ©side l'idĂ©e qu'une innovation est toujours la rĂ©sultante d'un aller-retour Ă©troit et constant (itĂ©rations multiples) entre un concept gĂ©nĂ©rĂ© par un ou plusieurs individus (expertises, aptitudes, intentions) et l'environnement social et Ă©conomique dans lequel le concept a Ă©tĂ© créé (connaissances, technologies, ressources financiĂšres..).  

Le graphique ci-dessous illustre les principaux attributs d'un laboratoire vivant Une Ă©chelle de 1 Ă  5 permet d'Ă©valuer chaque attribut. Plus le score est Ă©levĂ© pour chaque attribut, plus le projet se rapproche de ce que devrait ĂȘtre idĂ©alement un laboratoire vivant.

ParamÚtres d'évaluation pour déterminer s'il s'agit bien d'un laboratoire vivant :

ParamÚtres d'évaluation pour déterminer s'il s'agit bien d'un laboratoire vivant :

1. Environnement propice : pour évaluer/expérimenter les utilisations sous tous leurs aspects.
2. Découverte : pouvoir déceler de nouveaux usages.
3. Co-création : niveau de participation des utilisateurs ou usagers en tant que codéveloppeurs.
4. Évaluation : mĂ©canismes en place pour Ă©valuer les innovations en collaboration avec les usagers.
5. Environnement technique : ĂȘtre en mesure de rĂ©aliser des tests dans un contexte d'utilisation le plus rĂ©aliste possible.
6. Contexte : tester les innovations dans un contexte réel.
7. DurĂ©e : avoir la possibilitĂ© de mener des Ă©tudes (Ă  moyen et long termes).
8. Échelle : ĂȘtre en mesure de mener des expĂ©rimentations avec plusieurs usagers.

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VoilĂ  pour la dĂ©finition. Qu'en est-il maintenant de la pratique ? Les Ă©tudes menĂ©es sur le terrain en Flandre (Belgique) par exemple mettent en Ă©vidence les obstacles suivants :

‱ CoopĂ©ration dĂ©ficiente entre les diffĂ©rents partenaires industriels ;
‱ Les partenaires industriels ne sont pas suffisamment pro-actifs - manque de projets ;
‱ En consĂ©quence, les usagers risquent de se dĂ©sintĂ©resser ;
‱ RĂ©tention / partage insuffisant de l'information ;
‱ Les thĂšmes sont trop gĂ©nĂ©raux — pas assez prĂ©cis ;
‱ Des thĂšmes prĂ©cis qui ne se prĂȘtent pas Ă  la rĂ©alisation de projets Ă  long terme ;
‱ Manque d'ouverture et d'objectivitĂ© (neutralitĂ©) de la part des partenaires industriels ;
‱ Danger de verrouiller / promouvoir une technologie au dĂ©triment des autres.

C'est une voie d'avenir prometteuse qu'emprunteront de plus en plus de chercheurs et d'industriels.

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Apprendre la co-création

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Référence

, Marina Abramovic

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