Prendre son temps a plusieurs avantages.
Cela nous permet de mieux nous concentrer. De maintenir un rythme sans doute moins rapide, mais plus soutenu. Le corps récupère plus rapidement. Nous avons plus de souffle dans la durée. Le cerveau respire.
Photo : Rayson Tan Faire vite. Faire lent. Où est la frontière ? par Sylvie Gendreau, Le laboratoire créatif, Les Cahiers de l’imaginaire
Tu cours où ainsi ?
Puisqu’il est préférable de prendre son temps, on peut alors s’interroger sur ce que signifie prendre son temps. En quoi notre temps est-il singulier ? Où se situe la frontière entre rapide et lent ?
L’expression Slow Food a désormais sa place dans notre vocabulaire. Il tire son origine d’un mouvement qui a vu le jour en Italie. De même qu’un autre mouvement apparenté le Slow City, ou CittaSlow en italien.
La CittaSlow a pour objectif de créer des frontières pour se prémunir de l’étalement sans cesse grandissant de la vie rapide (Fast Life). Pour ce faire, les initiateurs du mouvement se sont évidemment posés des questions sur la définition même du mot lenteur.
Ils se sont inspirés d’auteurs connus comme Milan Kundera :
« Le degré de lenteur est directement proportionnel à l’intensité de la mémoire ; le degré de la vitesse est directement proportionnel à l’intensité de l’oubli. »
Mais, de manière plus directe, ils se sont interrogés sur la façon de créer des « objets », des « pratiques » ou des « espaces lents ».
Leur démarche est intéressante, car elle peut être étendue à la vie quotidienne de tout un chacun.
Comment aménager, au sein de notre vie, des pratiques de lenteur ?
Comment qualifier ce qui est rapide (trop rapide)
de ce qui est lent (juste assez lent) ?
Tout commence par une pratique. Une pratique qui incorpore le juste degré de lenteur qui permet de générer le bien-être recherché. Cette pratique est ensuite incorporée dans un rituel, un objet, un lieu. Ces pratiques sont un art de la mémoire qui reposent sur les souvenirs et l’imagination.
L’art de la mémoire s’apparente à une forme d’écriture intérieure. Vous inscrivez dans votre environnement les différents thèmes de lenteur à l’instar d’un alphabet. Cet alphabet, une fois établi, inscrit dans votre mémoire les objets, les lieux, les pratiques qui vous permettent, au moment opportun, de ralentir.
Vous disposez désormais d’espaces fluides, d’un alphabet de pratiques et de lieux, qui vous permettent de créer des moments de lenteur.
Pour les adeptes de la CittaSlow et du SlowFood, cet alphabet peut se décliner de la manière suivante :
- Restaurants locaux qui servent des plats régionaux.
- Espaces de verdure.
- Rues piétonnes.
Ces pratiques de lenteur rejoignent le concept de procrastination active dont je vous ai parlé dans le billet Pourquoi je procrastine ? Et cette notion formidable que je ne connaissais pas, l’otium, « un loisir fécond, studieux, au temps que l'on consacre à s'améliorer soi-même, à progresser pour accéder à une cohérence et à une compréhension du monde plus grandes », selon le chercheur, historien et sociologue, Jean-Miguel Pirem.
Dans son livre Otium, Art, éducation, démocratie, il explique ce loisir inventée en Grèce antique, la skholè, qui a été popularisée sous l'Empire romain sous le nom d'otium. Alors évidemment… cela fait rêver que l’on puisse jouir de temps libres à accorder à notre quête de sens et d’introspection, notre recherche de beauté et tous ces moments d’incubation si essentiels à la création.
Envie de tenter l’expérience ?
Découvrez l’exercice No. 159
Créer un alphabet de pratiques de lenteur
Lors des premiers confinements, plusieurs ont cru qu’il s’agissait, après tout, d’une opportunité. Les écrivains en particulier. Enfin, de la tranquillité, du temps pour écrire ! Un mois passe. Et rien ne se déroule comme prévu. L’inspiration tarde à se manifester. L’imagination tombe en panne.
Prendre son temps a plusieurs avantages. Cela nous permet de mieux nous concentrer. De maintenir un rythme sans doute moins rapide, mais plus soutenu. Le corps récupère plus rapidement. Nous avons plus de souffle dans la durée. Le cerveau respire.
Une personnes atteinte d’aphantasie est incapable de se représenter mentalement une image. En l’absence de mémoire visuelle, de quelle façon cette personnes pourrait-elle construire sa mémoire autobiographique ?
On prend rarement du temps pour soi. Si on prenait le temps de le faire, on constaterait à quel point notre intellect s’agite dans tous les sens.
Découvrez le ressenti de ceux et celles qui en souffrent et pourquoi cela les freine ?
Pourquoi l’épigénétique connaît un regain d’intérêt et en quoi cela peut vous aider ?
Qu’est-ce que le bonheur pour vous ? Si quelqu’un vous disait que le bonheur est la condition sine qua non de la réussite, vous lui feriez remarquer que selon vous, ne lui en déplaise, ce serait plutôt le contraire. C’est le fait de réussir qui vous conduira à vous sentir heureux.
Dans la culture de l'IKIGAI à Okinawa, cette philosophie ou ce concept est perçu comme la raison qui donne envie de se lever le matin.
Vous avez probablement entendu parler des microdoses de LSD qui augmentent la productivité et la créativité.
Vous vous demandez peut-être ce qu’est la transliminalité. Il s’agit d’un état qui fait référence à des frontières atténuées entre la part consciente et la part inconsciente de l'esprit. Franchir ces frontières permettrait de traiter l’information de manière différente, amenant à la conscience des matériaux nouveaux, inhabituels.
Boire du thé aurait un impact sur la créativité. C’est ce qu’une étude chinoise récente démontre. Mais, me direz-vous, les Chinois, grands amateurs de thé, ont-ils l’objectivité requise pour mener une enquête impartiale ? Quelle méthodologie ces chercheurs ont-ils utilisée ? Je vous réponds plus tard, mais tout d’abord de quelle créativité s’agit-il ?
Le perfectionnisme est l’un des principaux mécanismes pouvant déclencher et nourrir un état dépressif.
Tous les changements que nous subissons au cours de notre vie modifient notre identité physique et psychologique.
Nous cédons et céderons de plus en plus nos emplois à des machines, reléguant un nombre croissant de travailleurs au chômage. Quelles compétences développer ?
Sans que nous en ayons conscience, c’est avec des émotions que nous construisons notre mémoire.
Il est très difficile, à l’heure actuelle, de faire mieux. Les chercheurs en intelligence artificielle se penchent sur les différentes approches possibles afin de résoudre ce problème. Ils s’inspirent de nos propres stratégies d’apprentissage.
« Nous sommes nés pour regarder ce monde, pour l’écouter. C’est tout ce qu’il demande. Et donc, même si je ne pouvais pas devenir professeur, ni travailler, ma venue au monde avait un sens. »
Marcher constitue l’exercice le plus naturel qui soit. De grands philosophes et scientifiques ont pratiqué la marche dans le but spécifique de générer de nouvelles idées, de nouveaux concepts. Rousseau, Nietzsche, Einstein. Il est dit aussi que marcher stimule la créativité. Mais cela est-il prouvé ?
Les émotions positives provoquées par l’exécution de tâches que l’on aime créent le succès.
Nombreux sont les artistes et scientifiques qui puisent leur inspiration dans leurs rêves. Frederico Fellini a rêvé la plupart des scènes de ses films. Son premier geste au réveil était de dessiner ses rêves.
Pourquoi le temps zéro ? Pour ne jamais oublier de lâcher-prise. Impossible de créer si on n'accepte pas le silence, l'ennui et la solitude. C'est le prix à payer pour se créer un espace de liberté.
Découvrez l’histoire fabuleuse d’un introverti qui a changé sa vie en une fraction de seconde.
Références
Miele, Mara. CittàSlow: Producing Slowness against the Fast Life, Space and Polity, 2008, 12:1, 135-156, DOI: 10.1080/13562570801969572
"Pour lutter contre la marchandisation du monde, il faut revenir à un loisir fécond et désintéressé : l'otium" Affaire en cours par Marie Sorbier, France Culture, 07/01/21
Jean-Miguel Pirem, Otium, Art, éducation, démocratie, Actes Sud, 02/21
Un journaliste américain se retrouve par erreur dans une conversation Signal entre le vice-président et le secrétaire à la Défense. Un gouverneur interdit le fluor dans l'eau potable, balayant un siècle de santé publique. Ces événements ne relèvent pas du mensonge ordinaire — ils signalent autre chose. Une stupidité d'un genre nouveau, qui prospère paradoxalement à l'ère de l'information totale. La bonne nouvelle ? Son antidote existe, et vous le possédez déjà.