Exercice No 95

« La personne la plus puissante au monde est le storyteller. Le conteur définit la vision, les valeurs et l'agenda de toute une génération à venir. »    — Steve Jobs


« La personne la plus puissante au monde est le storyteller. Le conteur définit la vision, les valeurs et l'agenda de toute une génération à venir. »

— Steve Jobs

COMMENT CRÉER UNE BONNE HISTOIRE ?

EXERCICE 95

Cette fois, nous avons un guide expérimenté, Matthew Luhn de Pixar Animation Studios qui vient de publier The best story wins. Je vous conseille de lire mon billet de cette semaine avant de commencer l’exercice (si ce n’est déjà fait).

Voici les conseils de Matthew :

  1. L’ACCROCHE — La toute première chose est évidemment de capter l’attention. Dans un monde où nous sommes submergés d’information, nous devons trouver une façon inhabituelle pour que la personne en face de nous s’arrête et nous écoute. Il faut attirer l’attention.

  2. LA SURPRISE — Rien de plus ennuyeux qu’une histoire sans surprises. Lorsque les histoires sont prévisibles, je sais systématiquement ce qui va se produire et cela m’arrive souvent. Les scénarios qui me laissent bouche bée sont toujours ceux qui me surprennent, lorsque je ne devine pas la fin !

  3. QU’ARRIVERAIT-IL SI ? — L’exemple que donne Matthew, c’est Superman. Un homme ordinaire qui se transforme en quelqu’un d’extraordinaire lorsque des innocents sont en danger. Relier deux éléments improbables pour créer une nouvelle situation.

  4. LA TRANSFORMATION — Qu’est-ce qu’il y a pour moi dans cette histoire ? Que vais-je changer dans ma vie parce que je viens d’entendre cette histoire ? La plupart d’entre nous n’aimons pas le changement. Cela est inscrit dans nos gènes et nos cellules. Nous, les humains, avons peur de perdre ce que nous avons acquis, vous connaissez le vieux proverbe : un tien vaut mieux que tu deux tu l’auras. Changer veut dire, abandonner ce que nous avons maintenant. L’incertitude est parfois un frein. Mais de voir quelqu’un d’autre le faire, nous donne souvent du courage.

  5. L’INSPIRATION — Qu’est-ce que cette histoire nous inspire ? Le succès d’Harry Potter, ses malheurs éveillent notre empathie, nous voulons l’aider. Matthew a donné un exemple intéressant. Il a comparé deux entreprises aériennes : United Airlines et Southwest United. La première pratique le surbooking, un jour où trop de personnes se sont présentées, elle a refusé qu’une famille parte ensemble. Ce fut un scandale aux États-Unis après cet incident, je ne connais pas les chiffres, mais je pense que l’entreprise a dû avoir perdu plusieurs clients. La deuxième entreprise a fait demi-tour après qu’une femme ait appris que son fils était dans le coma. L’entreprise est devenue le chouchou des Américains.

  6. LA CONNECTION — À qui souhaitez-vous parler ? Nous devons nous reconnaître un peu dans l’histoire. Matthew cite l’exemple de ce film qui a eu tellement de succès, Ratatouille, le rat qui souhaitait devenir un grand chef. On aime voir des personnes qui accomplissent ce qui semblait impossible. Ou encore Billy Elliot, un film qui a touché énormément de personnes. Lorsque celui qui est perdant au départ gagne, la victoire est tellement plus grande. Nous aimons les personnes courageuses, car cela nous encourage à faire de même !

  7. L’AUTHENTICITÉ — Les personnes qui semblent parfaites nous intéressent moins que les personnes vulnérables. Chaque personne (à un certain degré) a peur d’échouer, d’être abandonnée ou de n’appartenir à aucun groupe. Matthew explique que d’être honnête sert une bonne histoire. Ce fut la force des personnages de Histoire de jouets (1-2-3). Et souvenez-vous du mégasuccès de la série Indiana Jones ! Un personnage qui échoue 70 % du temps nous réconforte, car si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous savons que plus nous essayons de nouvelles choses, plus nous échouons souvent. Cela est une étape fondamentale de tout apprentissage.

  8. ÉMOTION — Ne commencez jamais par le thème d’une histoire, commencez par l’émotion que vous souhaitez que les personnes ressentent. Si vous ne savez pas transmettre une émotion claire, vous ne communiquerez pas bien.

  9. STRUCTURE — Quel problème souhaitez-vous résoudre ? Cela doit être le début. Ensuite, décrivez comment vous allez le résoudre, c’est le milieu. Et faites exactement cela ensuite, montrez comment votre solution a éliminé le problème.

  10. RÉSULTAT — Quel sera le gain pour celui qui aura écouté votre histoire jusqu’à la fin. Imaginez ce que vous souhaitez offrir à l’autre en échange du temps qu’il vous accorde.

Ce qui n’est pas une étape, mais qui doit traverser toute votre histoire, ce sont les hauts et les bas, les chauds et les froids. L’effet de la dopamine. Un monde où tout le monde est toujours heureux n’est pas intéressant. Nous avons tous besoin de vivre différentes émotions. Nous avons besoin d’être heureux (mais aussi un peu malheureux) pour apprécier la vie ! Celui qui savait faire cela à merveille dans ses présentations, c’était Steve Jobs.

Et finalement, n’oubliez pas le plus important, faites appel à tous les sens !

Et un dernier conseil, de la part de Matthew Luhn, il fait en sorte de pouvoir vendre son histoire en 8 secondes. Lorsqu’il réussit, c’est une histoire qui gagne ! Oui, vous avez bien lu, 8 secondes !

Voilà, vous avez ce qu’il faut pour construire une bonne histoire, c’est le DÉFI que je vous lance cette semaine. Laissez-nous un message sur la page de La Nouvelle École de Créativité sur Facebook si vous avez réussi !