Vers une civilisation de convivialité

La désastreuse méga-machine de l’efficacité technique et économique laisse de côté des milliards d’affamés, de rejetés ou de précaires, une nature dégradée. L’humanité a un besoin extrême de progresser vivement selon l’autre direction de son évolution, celle qui l’a fait naître et qui organise le bien vivre ensemble.

Partout des groupes, des individus résistent à la méga-machine. Ils expérimentent des organisations différentes, ils animent des oasis du bien vivre. Pour que l’avenir de l’humanité bascule vers cette civilisation de la convivialité il faut que ces forces de vie en partagent explicitement la vision et affirment ce qui, au-delà de leurs diversités, fait leur unité : une volonté de travailler ensemble, pour la vie, en prenant soin l’un de l’autre et de la nature.

Il faut clamer notre interdépendance généralisée, l’accepter et la mettre en œuvre entre tous les humains et avec la nature

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Marc Humbert, professeur d’économie politique à Rennes 1, a co-fondé en 2002, le réseau pluridisciplinaire international PEKEA (Un Savoir Politique et Ethique sur les Activités Economiques). Il a récemment co-publié le Manifeste convivialiste (2013) et de la convivialité (2011).

Co-fondateur de Pekea, éditorialiste régulier dans le journal Ouest-France, Marc Humbert est une figure intellectuelle en Bretagne. Invité régulièrement à l'occasion de conférences ou d'interventions, ce livre de vulgarisation de la « notion de convivialité », chère à Illitch a un échos auprès d'un large public.

Marc Humbert est celui qui a eu l'idée du convivialisme comme il l'explique au début de son livre :  « La contribution de cet ouvrage s'inscrit dans la suite de ceux qui reprennent des idées autrefois introduites par Ivan Illich. J'avais proposé cette reprise en organisant un colloque à Tokyo, en 2010, entre Japonais et Français. Quelques auteurs et intellectuels français invités à cet effet, comme Alain Caillé, Serge Latouche, Patrick Viveret s'en sont emparés à des degrés divers, et nous avons publié ensemble deux ouvrages sur le thème (un en français, De la convivialité, en 2011)  à la Découverte, l'autre en japonais, éd. Commons, en 20111). Alain Caillé a repris dans la foulée mon idée1 de manifeste (Pour un manifeste du convivialisme, Le Bord de l'eau,  2011) et en a organisé une préparation collective, qui a conduit à ce qu'une soixantaine d'intellectuels discutent et signent un ouvrage collectif (Manifeste convivialiste, Le Bord de l'eau, 2013). S'y trouve un argumentaire général de philosophie politique en faveur du convivialisme, comme dépassement des autres « isme », libéralisme, anarchisme socialisme, communisme. Bien que sans référence doctrinale affirmée, la convivialité, comme pratique concrète, me paraît déjà présente dans le quotidien. Elle caractérise le comportement de la plupart des humains, au sein d'innombrables groupes, même s'ils sont contraints par les forces dominantes à se soumettre de manière prioritaire à des lois et à des règles qui en sont fort éloignées.

Ce livre soutient cette idée de la pratique déjà bien étendue et inscrite dans notre histoire longue, mais diffuse et non collectivement reconnue, de la convivialité ; il aide à en prendre conscience, ce qui est nécessaire pour que les plus grands nombres puissent effectivement se mobiliser et faire qu'elle devienne une référence commune ; elle est le fondement du bien vivre ensemble et c'est autour d'elle que peut s'organiser un avenir meilleur que notre présent. »



De la convivialité

 Tout le monde sent bien, sait bien que nos sociétés ne pourront pas continuer longtemps sur leur lancée actuelle, en ravageant toujours plus la nature, en laissant exploser les inégalités, en lâchant la bride à une finance folle qui dévaste et corrompt tout. Mais quelle alternative imaginer ? Les idéologies politiques héritées ne semblent plus être à la hauteur des défis de l'époque. C'est dans ce contexte qu'il convient d'examiner ce qui est susceptible de réunir certains des courants de pensée les plus novateurs de ces dernières années : décroissance, recherche de nouveaux indicateurs de richesse, anti-utilitarisme et paradigme du don, plaidoyer pour la sobriété volontaire, etc.

Confrontant ici leurs points de vue, en cherchant davantage ce qu'ils ont en commun que ce qui les oppose, certains des animateurs les plus connus de ces courants constatent que l'essentiel, dans le sillage de certaines analyses d'Ivan Illich, est de jeter les bases d'une société conviviale : une société où l'on où l'on puisse vivre ensemble et « s'opposer sans se massacrer » (Marcel Mauss), même avec une croissance économique faible ou nulle.

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C'est en lisant ce livre que j'ai découvert le convivialisme. Cette lecture a été importante pour moi. Elle m'a fait découvrir un groupe d'intellectuels engagés qui m'ont vraiment donné envie de les rejoindre ainsi qu'un rencontre importante avec Marc Humbert, professeur d'économie politique à Rennes 1, co-fondateur en 2002 du réseau interdisciplinaire international PEKEA (Un Savoir Politique et Éthique sur les Activités Économiques). Il est aussi l'auteur de Vers une civilisation de convivialité.

 

Lire le post sur mon blog, Constellations citoyennes : le début de l'aventure.

Depuis, nous avons co-signé avec une soixantaine d'intellectuels le Manifeste Convivialiste (2013). Voir le site.

 

La Sociologie malgré tout

Si c’est « malgré tout » qu’il faut défendre la sociologie, c’est malgré ce qu’elle est devenue. Bien loin de ses grandes espérances initiales et des splendeurs que nous ont léguées les Durkheim, Weber, Simmel, Mead, Elias, Mauss, etc. Ce que l’on appelle sociologie s’est peu à peu recroquevillé jusqu’à apparaître comme la « science (ou la pseudo science) des restes », la science de ce dont ne parlent ni les philosophes, ni les économistes, ni les historiens, ni les anthropologues, ni les théoriciens de la littérature, etc. Éclatée en de multiples chapelles théoriques ou idéologiques, privée de colonne vertébrale paradigmatique et institutionnelle, elle ne croit plus pouvoir trouver son unité que dans une référence de plus en plus incantatoire au « terrain » et à l’empirisme, et dans ses querelles infinies sur ce qui fait la bonne méthode ou le bon terrain.

La sociologie classique, celle qu’il nous faut faire revivre et actualiser, se présentait tout autrement. Elle revendiquait hautement une approche empirique de la réalité et le souci d’établir des faits, elle aussi, mais elle n’imaginait pas que ce puisse êtreaccompli hors-théorie et sans enjeux normatifs, c’est-à-dire éthiques et politiques… Dit autrement, elle se vivait comme le lieu et le moment généraliste de la science sociale générale. C’est cette sociologie là, autrement dit la science sociale générale, qui nous fait désormais défaut et qu’on appelle ici à renaître de ses cendres.

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Professeur émérite de sociologie à l'université Paris Ouest Nanterre La Défense, directeur et fondateur de la revue du Mauss, Alain Caillé est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, il est la cheville ouvrière du mouvement convivialiste. Il impressionne tous ses collègues par son formidable esprit de synthèse.

La sociologie malgré tout, Autres fragments d'une sociologie générale est un livre qui demeurera pour moi, un livre de référence. Il permet de faire le point sur ce que pourrait être une sociologie générale.

Impossible d'imaginer des projets d'intelligence collective en profondeur sans avoir ce livre synthèse sous la main et réfléchir à comment nous pourrions incarner les belles idées que proposent Alain Caillé.

Pour les étudiants qui cherchent un sujet de thèse, dans sa conclusion, Alain Caillé propose quatorze thèses qui seraient une contribution importante pour l'élaboration d'une sociologie générale et le développement d'une société convivialiste.


Alain Caillé a le don de mettre les choses à plat d'une manière claire et simple, et il le fait admirablement dans son dernier livre, La sociologie malgré tout, Autres fragments d'une sociologie générale. Une lecture accessible à tout lecteur non spécialiste qui permet de placer les différents penseurs (philosophes, sociologues, anthropologues, ethnologues...) sur le grand échiquier d'une sociologie générale qui ne pourra être écrite que si des passionnés prennent le flambeau que leur passe élégamment le professeur émérite de sociologie à l'université Paris Ouest Nanterre La Défense, aussi directeur et fondateur de la Revue du MAUSS1. Car c'est bien d'élégance qu'il s'agit. Je remercie Alain Caillé pour ce souci de l'autre, ce respect du lecteur. Il est bien plus contraignant d'écrire avec un souci de lisibilité en présentant les thèses des auteurs cités, permettant aux lecteurs que nous sommes, de suivre aisément l'auteur dans ses argumentaires. Quel temps précieux, il nous fait gagner. Voilà une manière d'écrire qui contribue à rendre l'autre plus intelligent et qui devrait inspirer d'autres auteurs en science sociale qui se cachent parfois derrière un certain snobisme d'érudition et dont les livres nous tombent des mains après les premières pages tant il est difficile de comprendre l'essentiel de leur propos.

La Voie

Le vaisseau spatial Terre, continue à toute vitesse sa course dans un processus à trois visages : mondialisation, occidentalisation, développement.  Tout est désormais interdépendant, mais tout est en même temps séparé. L’unification techno-économique du globe s’accompagne de conflits ethniques, religieux, politiques, de convulsions économiques, de la dégradation de la biosphère, de la crise des civilisations traditionnelles mais aussi de la modernité. Une multiplicité de crises sont ainsi enchevêtrées dans la grande crise de l'humanité, qui n'arrive pas à devenir l'humanité. Où nous conduit la voie suivie ?  Vers un progrès ininterrompu ? Nous ne pouvons plus le croire. La mort de la pieuvre totalitaire a réveillé la pieuvre des fanatismes religieux et stimulé celle du capitalisme financier. Elles enserrent de plus en plus le monde de leurs tentacules. La diminution de la pauvreté se fait non seulement dans un accroissement de bien-être matériel, mais également dans un énorme accroissement de misère. Allons-nous vers des catastrophes en chaîne ? C’est ce qui paraît probable si nous ne parvenons pas à changer de voie.  Edgar Morin pose ici les jalons d’une « Voie » salutaire qui pourrait se dessiner par la conjonction de myriades de voies réformatrices et nous conduire à une métamorphose plus étonnante encore que celle qui a engendré les sociétés historiques à partir des sociétés archaïques de chasseurs-cueilleurs.  Directeur de recherches émérite au CNRS, penseur transdisciplinaire et indiscipliné, l’auteur de  La Voie  est connu pour avoir conçu la "pensée complexe" dans son œuvre maîtresse,  La Méthode . Il est docteur  honoris causa  de vingt-quatre universités à travers le monde.  Pour acheter le  livre : En Europe:  Amazon.fr  Au Canada:   Amazon.ca

Le vaisseau spatial Terre, continue à toute vitesse sa course dans un processus à trois visages : mondialisation, occidentalisation, développement.

Tout est désormais interdépendant, mais tout est en même temps séparé. L’unification techno-économique du globe s’accompagne de conflits ethniques, religieux, politiques, de convulsions économiques, de la dégradation de la biosphère, de la crise des civilisations traditionnelles mais aussi de la modernité. Une multiplicité de crises sont ainsi enchevêtrées dans la grande crise de l'humanité, qui n'arrive pas à devenir l'humanité. Où nous conduit la voie suivie ?

Vers un progrès ininterrompu ? Nous ne pouvons plus le croire. La mort de la pieuvre totalitaire a réveillé la pieuvre des fanatismes religieux et stimulé celle du capitalisme financier. Elles enserrent de plus en plus le monde de leurs tentacules. La diminution de la pauvreté se fait non seulement dans un accroissement de bien-être matériel, mais également dans un énorme accroissement de misère. Allons-nous vers des catastrophes en chaîne ? C’est ce qui paraît probable si nous ne parvenons pas à changer de voie.

Edgar Morin pose ici les jalons d’une « Voie » salutaire qui pourrait se dessiner par la conjonction de myriades de voies réformatrices et nous conduire à une métamorphose plus étonnante encore que celle qui a engendré les sociétés historiques à partir des sociétés archaïques de chasseurs-cueilleurs.

Directeur de recherches émérite au CNRS, penseur transdisciplinaire et indiscipliné, l’auteur de La Voie est connu pour avoir conçu la "pensée complexe" dans son œuvre maîtresse, La Méthode. Il est docteur honoris causa de vingt-quatre universités à travers le monde.

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EDGAR MORIN est un signataire du Manifeste convivialiste (2013). Ses écrits sont toujours une source d'inspiration et de connaissance.

Préoccupé depuis longtemps par la dérive du monde, l'intellectuel reste engagé sur plusieurs fronts tant sociaux, politiques qu'écologiques. 

Voir le site des convivialistes

Essai sur le don

Texte phare des sciences sociales, l’Essai sur le don, publié en 1925, a immédiatement suscité de nombreux commentaires. Ouvrant la sociologie durkheimienne à l’analyse ethnographique, il inscrit les sociétés du Pacifique, du potlatch amérindien à la kula mélanésienne, dans la culture occidentale.

Dans une présentation essentielle, Florence Weber le situe dans l’histoire scientifique et politique du XXe siècle, et propose au lecteur d’explorer l’archipel des prestations sans marché.

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DONNER, RECEVOIR ET RENDRE.

Marcel Mauss a vu juste en imaginant une société reposant sur le don. Il y a énormément d'inspiration à puiser dans cet essai pour réfléchir à des projets d'intelligence collective et construire des living labs.

Chemins qui ne mènenet nulle part

Après L'Être et le Temps (1927) et Kant et le problème de la métaphysique (1929), Heidegger, pour des raisons qui ne sont nullement du seul ressort de la philosophie, ne publie plus aucun «livre». Seules quelques courtes plaquettes sont imprimées. Son activité se concentre sur l'enseignement qu'il donne à l'université de Fribourg-en-Brisgau. Le silence est rompu en 1947 par la publication de la Lettre sur l'humanisme, suivie en 1950 par celle des Chemins [Holzwege]. Ce livre est le recueil de six textes dont la rédaction s'échelonne entre 1934 et 1946. Ces six textes sont six chemins qui s'enfoncent dans le domaine inexploré de la pensée.

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Être et temps

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«L'essence de l'homme se détermine à partir de la vérité de l'être, laquelle se déploie en son essence du fait de l'être lui-même.

Ce que tente de faire le traité intitulé Être et Temps, c'est de partir de la vérité de l'être – et non plus de la vérité de l'étant – pour déterminer l'essence de l'homme en ne la demandant à rien d'autre qu'à sa relation à l'être et pour concevoir en son tréfonds l'essence de l'homme, elle-même désignée comme Da-sein au sens clairement fixé à ce terme. En dépit du fait qu'un concept plus original de la vérité ait été simultanément développé, parce qu'il était devenu intrinsèquement nécessaire, et depuis maintenant treize ans que le livre est paru, il n'y a pas eu la moindre trace qu'un minimum d'entente se soit produit à l'égard de cette mise en question. Si elle est restée sans écho, il y a à cela deux raisons. D'une part l'habitude d'ores et déjà invétérée, et qui tend même à s'implanter définitivement, à penser de la manière moderne – l'homme est pensé comme sujet ; toute réflexion sur l'homme est entendue comme anthropologie. Mais, d'autre part, l'incompréhension tient à la tentative elle-même qui pourrait bien tirer de l'histoire sa sève et sa vigueur sans rien en elle de "fabriqué", qui provient de ce qui a prévalu jusqu'ici mais lutte pour s'en extraire et par là renvoie nécessairement et constamment à cette tradition et l'appelle même à l'aide (cf. ce que le livre sur Kant entend par "métaphysique du Dasein") pourr dire tout autre chose. Mais surtout ce chemin s'interrompt à un endroit décisif. Interruption qui s'explique du fait que, malgré tout, la tentative faite dans cette voie court, contre sa volonté, le danger de n'aboutir qu'à renforcer encore la subjectivité et à empêcher pour ainsi dire elle-même le dépassement du point de non-retour ou plus exactement : la présentation où elle atteindrait ce à quoi elle tend par définition. Toute orientation vers l'"objectivisme" ou le "réalisme" demeure du "subjectivisme" ; la question de l'être prend place ailleurs que dans la relation sujet-objet.»

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Nietzsche

" Une prise de position à l'égard de la pensée nietzschéenne " - soit une " explication " avec Nietzsche - telle est la définition que Heidegger lui-même donne du présent ouvrage. Celui-ci réunit les leçons de 1936 à 1940, à l'Université de Fribourg-en-Brisgau, ainsi que les digressions à partir du texte des leçons, développées entre 1940 et 1946.

Publié en deux tomes - la fin du premier coïncidant avec la fin précipitée des cours au printemps 40 -, l'ouvrage pourrait aisément être pris, sinon pour deux ouvrages distincts, du moins pour deux parties offrant respectivement une approche différente de la pensée de Nietzsche et du même coup un tournant de la pensée heideggérienne.

La première partie (soit les leçons de 1936 à 1940) constitue spécifiquement une exégèse des énoncés nietzschéens et s'assigne pour tâche essentielle de démontrer, à l'encontre de toutes les interprétations des commentateurs antérieurs, que la notion de Volonté de puissance et de la pensée de l'Eternel Retour du Même forment une totalité indissoluble et non pas une incohérence, Nietzsche n'est le philosophe de la Volonté de puissance que parce qu'il est Docteur de l'Eternel Retour.
Penser à fond l'Eternel Retour c'est d'abord aller jusqu'à l'extrême nihilisme - selon Nietzsche, l'unique voie pour le surmonter. Mais que veut dire surmonter le nihilisme ? Est-ce seulement possible ? La réponse sera donnée dans la seconde partie, à partir de quoi la pensée de Nietzsche n'est plus seulement repensée selon ses données propres - mais dans un contexte à la fois actuel et plus lointain : à savoir dans quel sens nous en sommes à la fin de la pensée des Temps modernes et en quoi tout ce qui a précédé veut que nous assistions à la fin de la métaphysique occidentale. Celui qui la porte à son achèvement est précisément l'anti-métaphysicien Nietzsche.

Penser à fond le nihilisme - penser à fond l'absence de fondement de la vérité de l'Etre - voilà seul qui peut fonder l'essence humaine. Si le nihilisme est insurmontable, parce qu'il répond au retrait de l'Etre, en revanche surmonter la métaphysique reste désormais la seule voie de la pensée : penser l'Etre en dehors de la métaphysique de l'étant, c'est ré-apprendre à penser.

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Les Étapes de la pensée sociologique

«Parti à la recherche des origines de la sociologie moderne, j'ai abouti, en fait, à une galerie de portraits intellectuels... Je me suis efforcé de saisir l'essentiel de la pensée de ces sociologues, sans méconnaître ce que nous considérons comme l'intention spécifique de la sociologie, sans oublier non plus que cette intention était inséparable, au siècle dernier, des conceptions philosophiques et d'un idéal politique.» Raymond Aron.  Pour acheter le  livre : En Europe:  Amazon.fr  Au Canada:   Amazon.ca

«Parti à la recherche des origines de la sociologie moderne, j'ai abouti, en fait, à une galerie de portraits intellectuels... Je me suis efforcé de saisir l'essentiel de la pensée de ces sociologues, sans méconnaître ce que nous considérons comme l'intention spécifique de la sociologie, sans oublier non plus que cette intention était inséparable, au siècle dernier, des conceptions philosophiques et d'un idéal politique.» Raymond Aron.

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Petit-cousin de Marcel Mauss, Raymond Aron est cité par Alain Caillé dans La Sociologie Malgré tout, un excellent ouvrage.

La volonté de puissance II

Ce livre quasi mythique, qui passe pour le couronnement de l'œuvre de Nietzsche, a connu plusieurs versions en allemand, car son auteur n'avait fait qu'en esquisser différents plans de 1885 à 1888. La première traduction française, due à Henri Albert et fondée sur la version allemande de 1901, est parue au Mercure de France. Elle comporte seulement quelque cinq cents aphorismes. La présente version, élaborée par Friedrich Würzbach, est beaucoup plus étendue, et c'est à elle qu'on s'est référé en France, depuis 1935.  Pour acheter le  livre : En Europe:  Amazon.fr  Au Canada:   Amazon.ca

Ce livre quasi mythique, qui passe pour le couronnement de l'œuvre de Nietzsche, a connu plusieurs versions en allemand, car son auteur n'avait fait qu'en esquisser différents plans de 1885 à 1888. La première traduction française, due à Henri Albert et fondée sur la version allemande de 1901, est parue au Mercure de France. Elle comporte seulement quelque cinq cents aphorismes. La présente version, élaborée par Friedrich Würzbach, est beaucoup plus étendue, et c'est à elle qu'on s'est référé en France, depuis 1935.

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Philosophe et poète, Nietzsche pouvait-il se douter qu'il serait à ce point citer après sa mort lui qui a été peu reconnu de son vivant et dont les dix dernières années de sa vie se sont terminées dans la démence ?

En tant qu'artiste, il y a de belles inspirations à puiser dans l'œuvre de Nietzsche dont cette célèbre citation : 

« Il faut du chaos en soi pour faire naître une étoile qui danse. »  

Lorsqu'il reçoit son Prix Nobel, le célèbre mathématicien John F. Nash se réjouit de sa schizophrénie qui l'a rendue célèbre.  il écrit : « Ne croyez surtout pas que le fait d'être revenu dans un état normal représente une joie comme si on avait échappé à un handicap. Sans sa folie, Zarathoustra aurait été un homme parmi des millions voire des milliards d'individus qui ont vécu et ensuite ont été oubliés ».

Lire le post sur le Dr John Nash, Entre la folie et la raison.

Pour moi, qui organise des séminaires déambulatoires, je suis entièrement d'accord avec sa conception d'un déséquilibre systématiquement rattrapé. Les pensées élaborées pendant la marche sont des idées nouvelles qui donnent à réfléchir, obligent à chercher un sens nouveau, ce qui amène à être en « déséquilibre » par rapport aux idées reçues. On se met en danger par le doute, puis on trouve quelque chose, on se rattrape et on avance…

Dans une de ses conférences sur la marche, le Pierre Péju dit : « Nietzsche a même théorisé le « penser-marcher », par exemple dans « Le voyageur et son ombre ». L’errant ne s’attache à rien et son désir de mouvement, sa « bougeotte » est absolue.
La philosophie de Nietzsche sera en permanence en lien avec les paysages traversés.

En Suisse  : en traversant les vallées d’altitude, austères et nues où il marche seul, il élabore l’aspect de sa pensée la plus risqué : la notion de surhomme, la notion « d’éternel retour ».

Le Cru et le cuit

La science des mythes tel eût pu être le titre de ce livre, si l'auteur n'avait été ramené à des prétentions plus modestes par le sentiment que, sur la voie qu'il a essayé d'ouvrir, tout ou presque tout reste à faire avant qu'on ait le droit de parier de science véritable. Car si, comme on l'espère, la connaissance de l'homme marque ici quelques progrès, ceux-ci ne tiennent à rien d'autre qu'une attitude résolue d'humilité devant l'objet, qui, pour la première fois peut-être, a permis de prendre complètement les mythes " au sérieux ". De l'analyse scrupuleuse d'un mythe, s'amplifiant jusqu'à englober la majeure partie des mythes de l'Amérique tropicale, il résulte en effet que, même là où l'esprit humain semble le plus libre de s'abandonner à sa spontanéité créatrice, il n'existe, dans le choix qu'il fait des images, dans la manière dont il les associe, les oppose ou les enchaîne, nul désordre et nulle fantaisie. Pas plus, donc, que les sciences physiques ne peuvent ménager une place à l'arbitraire dans les oeuvres de la nature, pas plus, si l'homme doit devenir un jour objet de connaissance scientifique, il ne saurait y avoir de l'arbitraire dans les oeuvres de l'esprit. On ne se dispose pas, pour autant, à réduire la pensée au déroulement mécanique de quelques opérations abstraites, dans le produit desquelles l'homme ne se reconnaîtrait plus. Par son titre d'inspiration culinaire, ce livre se réfère aux exigences du corps, et aux rapports élémentaires que l'homme entretient avec le monde. Par sa construction musicale, qui lui donne l'allure d'un vaste oratorio dont les parties évoquent tour à tour le thème et les variations, la sonate, la fugue, la cantate et la symphonie, il rapproche les démarches de la pensée mythique de celles de la musique qui, de tous les beaux-arts, est celui qui ressemble le plus à une science, tout en étant la source d'émotions incomparables. Il ne s'agit donc pas d'appauvrir, d'exclure ou de morceler, mais, au contraire, d'intégrer tous les aspects de la connaissance de l'homme dans un effort d'élucidation qui serait condamné d'avance s'il ne procédait du respect. En sorte qu'à partir de l'opposition, triviale en apparence, du cru et du cuit, on verra d'abord se déployer la puissance logique d'une mythologie de la cuisine, conçue par des tribus sud-américaines où l'auteur a pris ses exemples parce qu'il a vécu dans leur intimité ; puis émerger certaines propriétés générales de la pensée mythique, où se trouve en germe une philosophie de la société et de l'esprit.  Pour acheter le  livre : En Europe:  Amazon.fr

La science des mythes tel eût pu être le titre de ce livre, si l'auteur n'avait été ramené à des prétentions plus modestes par le sentiment que, sur la voie qu'il a essayé d'ouvrir, tout ou presque tout reste à faire avant qu'on ait le droit de parier de science véritable. Car si, comme on l'espère, la connaissance de l'homme marque ici quelques progrès, ceux-ci ne tiennent à rien d'autre qu'une attitude résolue d'humilité devant l'objet, qui, pour la première fois peut-être, a permis de prendre complètement les mythes " au sérieux ". De l'analyse scrupuleuse d'un mythe, s'amplifiant jusqu'à englober la majeure partie des mythes de l'Amérique tropicale, il résulte en effet que, même là où l'esprit humain semble le plus libre de s'abandonner à sa spontanéité créatrice, il n'existe, dans le choix qu'il fait des images, dans la manière dont il les associe, les oppose ou les enchaîne, nul désordre et nulle fantaisie. Pas plus, donc, que les sciences physiques ne peuvent ménager une place à l'arbitraire dans les oeuvres de la nature, pas plus, si l'homme doit devenir un jour objet de connaissance scientifique, il ne saurait y avoir de l'arbitraire dans les oeuvres de l'esprit. On ne se dispose pas, pour autant, à réduire la pensée au déroulement mécanique de quelques opérations abstraites, dans le produit desquelles l'homme ne se reconnaîtrait plus. Par son titre d'inspiration culinaire, ce livre se réfère aux exigences du corps, et aux rapports élémentaires que l'homme entretient avec le monde. Par sa construction musicale, qui lui donne l'allure d'un vaste oratorio dont les parties évoquent tour à tour le thème et les variations, la sonate, la fugue, la cantate et la symphonie, il rapproche les démarches de la pensée mythique de celles de la musique qui, de tous les beaux-arts, est celui qui ressemble le plus à une science, tout en étant la source d'émotions incomparables. Il ne s'agit donc pas d'appauvrir, d'exclure ou de morceler, mais, au contraire, d'intégrer tous les aspects de la connaissance de l'homme dans un effort d'élucidation qui serait condamné d'avance s'il ne procédait du respect. En sorte qu'à partir de l'opposition, triviale en apparence, du cru et du cuit, on verra d'abord se déployer la puissance logique d'une mythologie de la cuisine, conçue par des tribus sud-américaines où l'auteur a pris ses exemples parce qu'il a vécu dans leur intimité ; puis émerger certaines propriétés générales de la pensée mythique, où se trouve en germe une philosophie de la société et de l'esprit.

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Anthropologie du point de vue pragmatique

« Tous les progrès dans la culture, par lesquels l’homme fait son éducation, ont pour but d’appliquer connaissances et aptitudes ainsi acquises, à l’usage du monde; mais en ce monde, l’objet le plus important auquel il puisse en faire l’application, c’est l’homme : car il est à lui-même sa fin dernière. Le connaître, conformément à son espèce, comme être terrestre doué de raison, voilà donc qui mérite tout particulièrement d’être appelé connaissance du monde, bien que l’homme ne constitue qu’une partie des créatures terrestres. Une doctrine de la connaissance de l’homme, systématiquement traitée (Anthropologie), peut l’être du point de vue physiologique, ou du point de vue pragmatique. La connaissance physiologique de l’homme tend à l’exploration de ce que la nature fait de l’homme, la connaissance pragmatique de ce que l’homme, en tant qu’être de libre activité, fait ou peut et doit faire de lui-même »  Kant (1724-1804), né à Kœnigsberg, il y passa sa vie, toute entière consacrée à la méditation et à l’enseignement. Aucun événement remarquable ne troubla cette existence toute intellectuelle.  Pour acheter le  livre : En Europe :  Amazon.fr  Au Canada:   Amazon.ca

« Tous les progrès dans la culture, par lesquels l’homme fait son éducation, ont pour but d’appliquer connaissances et aptitudes ainsi acquises, à l’usage du monde; mais en ce monde, l’objet le plus important auquel il puisse en faire l’application, c’est l’homme : car il est à lui-même sa fin dernière. Le connaître, conformément à son espèce, comme être terrestre doué de raison, voilà donc qui mérite tout particulièrement d’être appelé connaissance du monde, bien que l’homme ne constitue qu’une partie des créatures terrestres.
Une doctrine de la connaissance de l’homme, systématiquement traitée (Anthropologie), peut l’être du point de vue physiologique, ou du point de vue pragmatique. La connaissance physiologique de l’homme tend à l’exploration de ce que la nature fait de l’homme, la connaissance pragmatique de ce que l’homme, en tant qu’être de libre activité, fait ou peut et doit faire de lui-même »

Kant (1724-1804), né à Kœnigsberg, il y passa sa vie, toute entière consacrée à la méditation et à l’enseignement. Aucun événement remarquable ne troubla cette existence toute intellectuelle.

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Introduction aux sciences sociales

Ce cours, introduction aux sciences sociales, se situe en amont des disciplines positives particulières (économie, sociologie, anthropologie, sciences politiques). Il relève de la philosophie sociale et politique. C'est un guide de lecture original et systématique des grands textes de la tradition. Sont ainsi analysées et mises en relation les œuvres suivantes : théorie du contrat social (Hobbes, Rousseau, Rawls) ; théorie du marché (Montesquieu, Smith, Walras, Hayek, Nozick) ; théorie de la foule (Freud, Keynes, Girard) ; sociologie individualiste (Ferguson, Constant, Toqueville, Weber) ; théorie holiste (Durkheim, Mauss, Lévi-Strauss, Lacan).  Pour acheter le  livre : En Europe :  Amazon.fr

Ce cours, introduction aux sciences sociales, se situe en amont des disciplines positives particulières (économie, sociologie, anthropologie, sciences politiques). Il relève de la philosophie sociale et politique. C'est un guide de lecture original et systématique des grands textes de la tradition. Sont ainsi analysées et mises en relation les œuvres suivantes : théorie du contrat social (Hobbes, Rousseau, Rawls) ; théorie du marché (Montesquieu, Smith, Walras, Hayek, Nozick) ; théorie de la foule (Freud, Keynes, Girard) ; sociologie individualiste (Ferguson, Constant, Toqueville, Weber) ; théorie holiste (Durkheim, Mauss, Lévi-Strauss, Lacan).

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Polytechnicien et ingénieur des mines, Jean-Pierre Dupuy est professeur de français et chercheur au Centre d'Étude du Langage et de l'Information (CSLI) de l'Université Stanford en Californie. Il a aussi enseigné la philosophie sociale et politique et l'éthique des sciences et techniques jusqu'en 2006 à l'École polytechnique à Paris.

Il est l'auteur de nombreux ouvrages et est co-signataire du Manifeste convivialiste (2013).

Voir le site des convivialistes