MA PRODUCTIVITÉ • Apprendre à choisir !

 
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Le fait d’avoir accès à une grande quantité d’informations nous permet automatiquement de générer de nouvelles idées. Faux !

Pourquoi ? Face à une quantité d’informations (qu’elle soit grande ou réduite), le processus d’analyse procède comme suit : j’adapte mon répertoire existant de concepts afin d’identifier celui qui me paraît le plus adapté pour comprendre la situation à laquelle je fais face.

Pour produire du neuf, ou pour être créatif, il faut construire des hypothèses qui nous permettront de nous aventurer hors des sentiers battus.

Toutefois, la formulation d’une hypothèse est un couteau à deux tranchants. Le fait de n’étudier qu’une seule hypothèse nous force à nous concentrer plus efficacement sur un seul champ d’investigation.

PHOTO : DAN FREEMAN, UNSPLASH

 Mais tester une seule hypothèse nous ferme les yeux sur les autres possibilités qui pourraient être envisagées.

La créativité vient à la rescousse pour ouvrir le champ des spéculations et générer une multitude d’hypothèses.

PHOTO : STEINAR ENGELAN, UNSPLASH

 Pour jouer le jeu de la créativité, il faut accepter l’échec et même le provoquer afin d’apprendre de nos erreurs et éliminer les hypothèses moins intéressantes.

Pour cela, il faut accepter de courir le risque (humain — réputation et financier) et il faut être prêt à investir dans des projets exploratoires qui ne mèneront nulle part. Les artistes sont souvent prêts à courir ce risque.

Une créativité qui porte ses fruits dépend de notre capacité à explorer l’avenir. Or les techniques de prospective (reconnaissons-le) sont souvent basées sur une analyse du présent. Elles ne tiennent pas compte des imprévus, des discontinuités qui sont, par définition, impossibles à prévoir.

L’objectif est d’enrichir, par le biais de la créativité, la cartographie de l’avenir. Il s’agit d’un travail qui tient compte à la fois des tendances actuelles, et qui explore des hypothèses nouvelles qui ne découlent pas directement des données présentement disponibles.

L’exploration d’hypothèses multiples permet de mettre en évidence des concepts directeurs, des pistes qui nous permettent de voir différemment. Il s’agit d’une recherche proactive à partir des données disponibles.

Évidemment, plus il y a d’informations, mieux c’est. Mais une information n’est jamais neutre. Elle nous est livrée avec un emballage de concepts préétablis et des perceptions biaisées.

La créativité doit donc être mise à contribution dans la collecte même de l’information.

De nos jours, nous avons la chance d'avoir accès à des réseaux puissants d'ordinateurs comme celui de cette technologie que vous connaissez probablement, la chaîne de blocs (blockchain), une base de données distribuée. Il s'agit d'un réseau d’ordinateurs qui gère à partir d’un registre mis à jour sur une base continue des contrats intelligents qui s’exécutent automatiquement à partir de règles strictes encodées dans le système.

Un système de chaîne de blocs ne se contente pas seulement de générer de la confiance lors d’une transaction, il permet aussi de réduire considérablement les coûts de ces transactions en les automatisant, éliminant de ce fait l’obligation d’avoir recours à des tiers.

Avec ces réseaux, nous assistons à la création de nouveaux écosystèmes. Par exemple, la plateforme NXT, un des successeurs de Bitcoin utilisée, entre autres, pour organiser des campagnes de crowdfunding, enregistrer des actifs, permettre des transactions, élaborer des systèmes de votation et de signature.

Quelle est la spécificité de NXT ? Il s'agit d'un système autosuffisant qui ne dépend pas d’un tiers pour son fonctionnement. Il gagne en crédibilité au fur et à mesure que des applications sont construites sur la plateforme. À l’instar de Linux, c'est un logiciel libre et gratuit.

Plusieurs utilisations « financières » sont actuellement envisagées ou à l'essai. IBM en a fait un de ses fers de lance. L'entreprise est convaincue que cette technologie qui réduira les intermédiaires libérera du temps pour encourager la créativité et l'innovation.

Un domaine très prometteur pour cette technologie est l'éducation. La division Sony-Éducation a d'ailleurs lancé, en décembre 2017, son système de chaîne de blocs, un registre pour stocker les données d’évaluation qui peuvent ensuite être partagées. Sa toute première expérience a été d'enregistrer les résultats du Global Math Challenge, un test que 15 000 personnes ont déjà passé dans plus de 80 pays.

Une institution pourra donc enregistrer les résultats d’évaluation de tous les examens et projets d’un étudiant, y compris les données afférentes au diplôme qu’il a obtenu et constituer ainsi un profil accessible en tout temps à des tiers.

En évoluant, les technologies font aussi évoluer notre créativité.Plusieurs personnes se préoccupent du fait que les agents artificiels accompliront énormément de tâches à notre place et élimineront des centaines de milliers d'emplois, y compris des tâches qui font appel à notre créativité.

La puissance des bases de données et de l'intelligence artificielle donne désormais aux créateurs des outils de travail incroyables.

J'ai assisté à une présentation chez Autodesk Montréal il y a quelques semaines organisée par Sacha Leprêtre, j'avoue avoir été impressionnée lorsque Mike Haley, qui dirige le groupe d'intelligence des machines chez Autodesk Research à Toronto a expliqué ce que nous pouvions faire avec leurs logiciels. Son équipe combine la recherche, le développement et l'expérience utilisateur dans des cycles itératifs couplés pour développer de nouveaux produits.

Imaginez : vous êtes un designer

Vous devez créer une nouvelle chaise. Avec ce genre de logiciels, vous pouvez faire apparaître des milliers —voire des millions— de modèles inspirés de toutes les chaises qui ont été créées jusqu'à ce jour. Ensuite, vous pouvez voir défiler, à l'écran, des millions de combinaisons possibles. Vous sélectionnez les combinaisons qui vous semblent les plus intéressantes, et lorsque vous avez votre choix, vous pouvez imprimer le ou les modèles retenus en 3D et vérifier si votre chaise est bien celle que vous préférez (ou qui plaira à votre client) et si elle aussi confortable et ergonomique que vous l'imaginiez.

Les artistesdesigners et architectes peuvent-ils avoir le désir de revenir aux anciennes méthodes lorsqu'ils ont désormais accès à des outils d'une telle puissance ?

Je vous disais que la créativité vient à la rescousse pour ouvrir le champ des spéculations et générer une multitude d’hypothèses. Notre imagination peut être extrêmement stimulée par ce nombre incalculable de possibilités.

Imaginez : vous êtes un designer de société

PHOTO : TIMON KLAUSER, UNSPLASH

Ne serait-il pas intéressant de se demander ce que nous pourrions inventer à l'aide de ces technologies émergentes en s'imposant un cahier des charges pour favoriser plus de bien-être, d'équité sociale et de mieux vivre ensemble ? 

Nous vivons à une période extraordinaire, jamais nous n'avons eu autant de choix ni d'outils à notre disposition pour créer.

Le souci ? Lorsque notre cerveau est placé devant trop de choix, il a tendance à se fatiguer comme l'explique Barry Schwartz dans son livre The Paradox of Choices. Lorsque nous sommes placés devant de nombreuses possibilités, nous pouvons même ressentir une certaine détresse psychologique. Ce qui me ramène à mon affirmation au début de cet article, le fait d’avoir accès à une grande quantité d’informations nous permet automatiquement de générer de nouvelles idées. Bien sûr que non ! Avoir des choix est un formidable levier, mais nous devons apprendre à gérer ces nombreux choix.

Et cela commence dans nos vies personnelles ! C'est l'exercice que je vous propose cette semaine chers lecteurs. Soyez pointilleux dans la manière dont vous faites vos choix.

Imaginez : vous êtes le designer de votre vie.

À l'ère de la connaissance et de l'information, les corporations ont souvent été les designers de nos vies et de notre société. La majorité des individus suivent les scénarios écrits par d'autres.

À l'ère entrepreneuriale, avec la démocratisation des outils et des technologies, chacun a —plus que jamais auparavant— la possibilité d'être créatif et d'écrire le scénario de sa vie.

Et la toute première étape, bien sûr, pour tracer la route de notre aventure, c'est d'apprendre à choisir, une des premières étapes du programme en ligne Dessinez votre futur qui vous permet de multiplier vos résultats x 10 sans travailler davantage.


 

MON PERFECTIONNISME • Si vous êtes perfectionniste, lisez ceci !

 

Souffrez-vous de perfectionnisme ? Si oui, soyez sur vos gardes, car le perfectionnisme peut éventuellement ouvrir la porte à la dépression. 

Heureusement, il existe peut-être une façon inattendue d’y remédier. 

Une récente étude australienne menée auprès d’adultes et d’adolescents a tenté d’évaluer de quelle manière l’autocompassion pouvait atténuer le lien qui existe entre le perfectionnisme et la dépression.

La dépression est en forte hausse un peu partout dans le monde. Elle a une influence sur le taux d’absentéisme, la productivité, en plus bien sûr de constituer un fardeau pour les individus qui en sont affectés.

Le perfectionnisme est l’un des principaux mécanismes pouvant déclencher et nourrir un état dépressif. Les perfectionnistes connaissent la trépidation nerveuse provoquée par la pression sociale et qui se traduit par des niveaux d’exigence souvent inatteignables et un niveau d’anxiété et de stress qui les rendent vulnérables à la dépression.

Le perfectionnisme inadapté tire son origine loin dans l’enfance.

C’est ce qui le rend particulièrement redoutable, car les comportements et les attitudes qui le caractérisent sont profondément ancrés dans la personnalité de l’individu.

L’étiologie du perfectionnisme inadapté durant les premières années de la vie a été peu étudiée. Une étude récente tente de pallier cette lacune.

 De quoi s’agit-il ? Le perfectionnisme inadapté présente deux aspects essentiels :

1. Une préoccupation excessive par rapport aux erreurs commises et à ce qui est considéré par l’individu comme étant des imperfections.

2. La conviction qu’autrui a des attentes très élevées et souvent irréalistes.  

Plusieurs facteurs contribuent à l’apparition du perfectionnisme inadapté durant l’enfance. Un facteur est tout particulièrement important : des parents contrôlants qui exigent de la part de leurs enfants un niveau de performance élevé et tolèrent difficilement l’échec.

L’étude, menée par une équipe de chercheurs de Singapour auprès d’enfants âgés de 8 à 11 ans, issus de 317 familles, tente de déterminer les causes et les modalités du développement du perfectionnisme inadapté.

Les conclusions de l’étude confirment l’hypothèse selon laquelle les premières années de la vie jouent un rôle majeur dans la structuration des attitudes et des comportements reliés au perfectionnisme inadapté :

1. Le perfectionnisme inadapté prend effectivement racine durant l’enfance. Par la suite, à la puberté, des différences individuelles dans la manière dont le perfectionnisme est perçu et intégré dans la vie quotidienne font alors leur apparition.

2. L’environnement social et culturel dans lequel l’enfant grandit, indépendamment des spécificités propres à la cellule familiale, a un impact important. La forte proportion des enfants singapouriens souffrant de perfectionnisme inadapté s’expliquent par la culture autochtone qui privilégie l’excellence académique.

3. Des parents envahissants qui exigent de leurs enfants un niveau excessif de performance demeurent le principal indicateur favorisant l’émergence d’un perfectionnisme exagérément autocritique.

L’apparition du perfectionnisme inadapté dans la vie d’un individu se fait rapidement. Il suffit d’une année seulement pour que le comportement se manifeste.

Il s’agit d’une situation qui est particulièrement préoccupante, car les adolescents sont les plus susceptibles de subir de fortes pressions sociales. Ils ont plus tendance que les adultes à internaliser les attentes d’autrui.

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PHOTO : JOEY YU, Unsplash

L’autocompassion pourrait constituer une mesure préventive.

L’autocompassion peut être définie comme la capacité de s’émouvoir de ses propres souffrances, de comprendre ce qui nous affecte, sans poser de jugements hâtifs sur nos déficiences et nos échecs, et de reconnaître que ce qui nous arrive fait partie intrinsèque de la vie.

L’autocompassion est constituée de trois composantes essentielles :

1. Être bienveillant envers soi-même (au lieu de constamment s’autocritiquer).

2. Reconnaître que nous sommes en tant qu’humains des êtres grégaires. Lutter contre l’isolement et le repli en partageant avec les autres nos moments de détresse.

3. Faire preuve de détachement (au lieu de s’identifier trop fortement avec une expérience douloureuse ou inconfortable).

Une expérience a été menée auprès de 515 participants : 357 femmes et 158 hommes, âgés de 18 à 72 ans. Le niveau de perfectionnisme a été évalué à partir de quatre échelles de mesure : le degré de préoccupations face aux erreurs ; le niveau des attentes parentales ; les critiques parentales ; le niveau de doute face à l’action. L’état dépressif a été évalué en se basant sur une échelle standard qui établit, à partir de 21 paramètres, le niveau de dépression, d’anxiété et de stress. L’évaluation de l’autocompassion s’est faite à partir de la mesure de 26 composantes.

Les résultats démontrent que l’autocompassion peut être un complément et même une alternative aux interventions qui tentent d’aider les perfectionnistes à reconsidérer l’image qu’ils ont d’eux-mêmes. Par exemple, la formule qui consiste à affirmer qu’une erreur n’est pas en soi épouvantable et qu’en fait elle nous aide dans notre processus d’apprentissage serait moins efficace que la pratique de l’autocompassion, en particulier pour les adolescents.

Les perfectionnistes souffrant de dépression se trouvent souvent coincé dans une boucle infernale. Ils tentent, sans succès, de se sentir mieux dans leur peau en occultant leurs échecs et en se poussant à bout afin de prouver ce dont ils sont capables. Cette réaction ne fait qu’exacerber l’impression d’être inadéquat ou inutile. Durant une thérapie, paradoxalement, le seul fait d’essayer de contrer les sentiments négatifs qu’ils éprouvent envers eux-mêmes ne fait qu’éclairer de manière plus crue encore la position sociale qui est la leur et qu’ils jugent décevante.

À l’inverse, la pratique de l’autocompassion permet au perfectionniste d’assumer ses faiblesses qui sont alors considérées non pas comme des tares, mais comme le lot de toute vie humaine. Enfin, l’autocompassion incite le perfectionniste à faire part à autrui de ses faiblesses et des erreurs qu’il a commises.

En écrivant ce texte, je me disais que nous pouvions tous jouer un rôle pour prévenir le perfectionnisme inadapté. Dans les médias, nous valorisons souvent les super gagnants, ceux qui brillent avec un tel naturel ! Changeons un peu nos modèles. Soyons créatifs. Choisissons des personnes pleines d'humanité. Mais surtout apprenons à être bienveillants envers les autres et indulgents envers soi-même.

L'exercice de la semaine, 20 minutes pour pratiquer l'autocompassion. Vous m'en donnerez des nouvelles.

Et si vous souhaitez résoudre ce problème, nous faisons cela ensemble, pendant un atelier en ligne, il vous faudra moins de deux heures pour avoir un plan qui fonctionne !