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les chercheurs des laboratoires !

Doctorant à l'école Polytechnique de Montréal en génie industriel, les recherches de William Sanger portent sur les mégadonnées et l'activisme politique.

Doctorant à l'école Polytechnique de Montréal en génie industriel, les recherches de William Sanger portent sur les mégadonnées et l'activisme politique.

par William Sanger

Imaginez se réveiller d’une agréable sieste avec une migraine insoutenable. Une sensation qui perdure et qui traîne au fil des semaines. Après un diagnostic de cancer, imaginez devoir tester une médication en particulier. Puis une autre, car la première ne s’est pas montrée efficace. Puis une troisième... jusqu’à la réussite du traitement, après une période éprouvante physiquement et émotivement.

Maintenant imaginez un prélèvement minimaliste d’une petite tumeur. Ou d’une goutte de sang. Imaginez en quelques heures voir devant vos yeux le test simultané de plusieurs traitements de chimiothérapie, le tout occupant la surface d’une carte de crédit. Et surtout, vous indiquer rapidement quel médicament utiliser, et à quelle dose, afin de maximiser les chances de réussite d’un traitement.

Ce genre de traitement est possible par les avancées de la microfluidique. À très petites échelles, les lois de l’infiniment grand ne sont plus vraiment pareilles. Les liquides se propagent différemment, et cette caractéristique offre aux chercheurs des avenues nouvelles pour la conception d’outils de diagnostic et de traitement des maladies. Ici réside l’avantage de la microfluidique : mettre au point des dispositifs, jetables, légers, peu dispendieux, permettant de proposer des diagnostics médicaux efficaces, personnalisés et à grande échelle.

Une idée folle me direz-vous ? Dans les années 60, un ordinateur occupait la majeure partie d’une salle entièrement dédiée à son utilisation. Un disque dur de 5 MB devait être transporté par chariot élévateur, et coûtait environ 35,000 $. Les informaticiens et informaticiennes utilisant ces ordinateurs se trouvaient dans l’ordinateur, les opérateurs faisaient partie de la machine. À l’heure actuelle, les puissances de calcul sont décuplées, les coûts divisés par plusieurs ordres de grandeur, et les usagers se trouvent à l’extérieur de la machine.

Image: exemple de dispositif microfluidique utilisé pour le traitement personnalisé du cancer. Sources : Sanger et al. (2013) et Fernandez et al. (2010).

Image: exemple de dispositif microfluidique utilisé pour le traitement personnalisé du cancer. Sources : Sanger et al. (2013) et Fernandez et al. (2010).

Tel pourrait être un des avenirs possibles de la microfluidique. Extraire les scientifiques du laboratoire afin de démocratiser les retombées des découvertes et multiplier leurs retombées.

Les recherches dans le domaine de la microfluidique appliquée aux sciences biomédicales se déroulent dans plusieurs laboratoires à travers le monde. Le MIT fait figure d’excellence, mais Montréal possède aussi des atouts indéniables : les recherches du professeur Gervais de Polytechnique Montréal en sont un exemple, ou l’Université McGill qui compte quatre laboratoires actifs dans le domaine.