Prendre une bonne décision

Une compétence à développer.

Grandes. Petites. Banales. Stratégiques. Vitales. Nous passons notre vie à prendre des décisions. Certaines sont prises avec sérieux, après mûres réflexions. D'autres sont prises instinctivement, sans même que nous y pensions. Décider est une action naturelle au point où, comme le montrent de nombreuses études, la plupart d'entre nous se laissent souvent guider par leurs émotions plutôt que par leur raison.

Comment apprendre à mieux décider ? 

Savoir prendre de bonnes décisions joue un rôle important pour réussir sa vie et ses projets. Lorsque nous souhaitons changer des choses, il est important de s'assurer que cela en vaut la peine. Évaluer les ressources, le temps et l'énergie qu'il faudra y consacrer est essentiel si l'on souhaite optimiser les retombées de nos décisions et convaincre notre entourage de contribuer aux changements que nous souhaitons faire arriver.

Savoir décider est une compétence qui nous sera utile tout au long de notre vie. Toutes nos décisions ne nous mèneront pas assurément au succès, mais si nous avons appris à soupeser les pour et les contre, nous obtiendrons, selon les circonstances, de meilleurs résultats.

Que nous prenions nos décisions instinctivement n'est pas une mauvaise chose en soi. Écouter son intuition est une force. Mais lorsque les enjeux sont importants, la prise de décision se complexifie. Si nous sommes tendus ou nerveux, nos émotions peuvent nous jouer de vilains tours. On cherchera souvent ce qui est le plus simple, le plus facile et le moins douloureux, laissant peut-être échapper une opportunité extraordinaire.

Une prise de décision intelligente nécessite une compréhension du contexte et une bonne lecture de l'environnement. Nous devons prendre en compte les informations rationnelles telles que les données, les risques, les cotes... Il ne s'agit pas de construire une feuille de calcul pour décider qui aimer, mais il est essentiel d'apprendre à diviser le mesurable de ce qui ne l'est pas.

Selon l'auteur Seth Godin, fondateur et concepteur du programme de formation en ligne altMBA, dans le processus de prise de décision, il y a deux règles simples à garder en mémoire :

Règle No 1 — La décision est un choix. C'est un acte de gestion. Une fois cette règle comprise, il est plus facile de faire la part des choses entre les facteurs émotionnels et les données rationnelles. Il est fascinant de lire les études qui montrent à quel point nous sommes tous irrationnels quand vient le moment de décider, raison de plus pour rester vigilants et suivre un processus qui nous gardera sur les rails.

Règle No 2 — Dans un processus de prise de décision, la chose la plus importante est d'identifier les coûts irrécupérables. Il peut être très néfaste de décider en fonction d'une dépense ou d'un investissement passé. Savoir reconnaître les coûts irrécupérables est fondamental avant de prendre une décision. Il vaut parfois mieux repartir de zéro, faire un trait sur le passé plutôt que de traîner un boulet qui, dans la durée, nous empêchera de réussir. L'erreur n'est pas fatale si on a le courage de l'admettre et de repartir sur de meilleures bases. Une illustration de cela est la décision de Starbucks de fermer les vingt-trois La boulangerie quelques mois seulement après leur acquisition comme Ellen Fort l'explique dans son post pour le San Francisco Eater. 2

Si vous avez envie de prendre de bonnes décisions ? Voici un processus pour vous y aider. Mise en situation : Un élément vient de se produire. Vous venez d'avoir une nouvelle idée. Deux choix s'offrent à vous :

1. NE RIEN FAIRE.

Nous avons toujours le choix de ne pas décider... parce que cela ne nous semble pas intéressant, parce qu'on est occupé à autre chose ou en se disant qu'on le fera plus tard. Nous pouvons trouver mille bonnes raisons de ne pas décider. Parfois ne pas décider coûte cher. L'expression « Timing is Everything » a du vrai. Une occasion perdue peut ne jamais se représenter. 

L'autre choix est celui d'approfondir la question qui mènera à la meilleure décision.


2. DÉCIDER D'AGIR.

3. TROIS QUESTIONS IMPORTANTES AVANT D'AGIR.

A) Qu'est-ce que je ressens maintenant face à cette décision ? B) Qu'est-ce que cette décision va changer dans ma vie à long terme ? C) Quels sont les coûts irrécupérables que je dois ignorer ? 

4. QUELS SONT MES OBJECTIFS À LONG TERME ?

Énumérez vos objectifs à long terme et précisez vos attentes pour chacun d'eux. Quels résultats souhaitez-vous obtenir ?

5. QUELS SONT MES CHOIX ?

Nous avons toujours des a priori d'une situation donnée ou d'un problème. Avant d'aller trop loin, il est important de sortir du cadre familier. Il faut imaginer d'autres scénarios, définir le problème autrement, élargir nos horizons. Cela pose un vrai défi de changer notre point de vue sur une question précise, d'élargir notre perception du contexte dans lequel se prend cette décision. La meilleure façon d'y arriver est de faire sauter les limites imposées en imaginant d'autres frontières pour réévaluer la situation ou le problème. C'est un exercice de déstructuration de nos perceptions actuelles suivi d'une restructuration inspirée par nos nouvelles vision et compréhension du problème. 

6. ÉNUMÉRER LES CONSÉQUENCES
POUR CHAQUE CHOIX RETENU.

Après avoir reformulé le problème, prendre le temps de bien évaluer les interrelations entre les différents scénarios et les actions qui en découlent. C'est en mesurant les conséquences au préalable que l'on peut éviter de prendre des décisions inappropriées. Il est important de faire ce travail pour chaque scénario identifié.

7. PRENDRE DU RECUL.

Cet exercice vous a-t-il été utile ? Y a-t-il des scénarios qu'il vaut mieux remettre en question ?  Des options à réviser ? De nouvelles solutions à imaginer ?

8. DESSINER UN ARBRE DE DÉCISION.

C'est le moment de la synthèse. Cartographiez les principaux éléments avec des mots clés. Cette arborescence vous aidera à garder en tête les tenants et aboutissants de cette décision. Ce sera un guide utile pendant le projet lorsque les choses s'embrouilleront. 

9. ÉNUMÉRER LES ACTIVITÉS
ASSOCIÉES À MA DÉCISION ET LES RÉPARTIR ENTRE CE QUI EST URGENT ET IMPORTANT.


Nous vivons dans un monde d'urgence et de vitesse au point où nous oblitérons parfois ce qui est vraiment important. Nous répondons à des urgences et perdons de vue notre vision stratégique à long terme. Pour nous aider à rester sur la bonne voie, il est sage de répartir nos actions sur deux colonnes. D'un côté, tout ce qui est urgent et de l'autre, tout ce qui est important. Cet exercice permet d'établir nos priorités. On s'aperçoit que certaines choses ne pèsent pas suffisamment dans la balance pour qu'on leur accorde autant de temps.

Ce qui est prioritaire doit aussi être important selon la décision que nous avons prise. Dans notre liste finale, il ne devrait jamais avoir plus de trois choses urgentes à faire. Il sera impossible de tout faire en même temps, il est donc important de bien définir nos priorités.

Selon les dernières découvertes en neuro-science, les priorités aident notre cerveau à filtrer ce qui est important. Faire cet exercice régulièrement permet de mieux atteindre nos objectifs. Notre cerveau devient un allié pour qui nos intentions sont des ordres.


Références :
Tversky Amos, Kahneman Daniel. The Framing Decisions and the Psychology of Choice. Science, Janvier, 1981

1.Godin Seth. Ignore Sunk Costs.

Définition de coûts irrécupérables. « En économie et dans l'analyse de la décision, les coûts irrécupérables (sunk costs en anglais) sont les coûts qui ont déjà été payés définitivement ; ils ne sont ni remboursables, ni récupérables par un autre moyen. La distinction avec les autres coûts est importante pour les scénarios où l'on envisage, ou bien où l'on craint de subir, de renoncer à, ou de ne plus être en mesure d'utiliser ce qu'ils ont servi à acquérir. » Wikipédia.

2. Fort Ellen, Starbucks Plans to Close All 23 La Boulangerie Locations, San Francisco Eater, 17 juin 2015,