J'avais l'habitude de...

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J'ai fait une découverte intéressante qui sera très utile pour nous aider à nous débarrasser de nos mauvaises habitudes. Surtout, lisez bien jusqu'à la fin, je croise plusieurs études différentes sur le sujet. Vous verrez à quel point les neurosciences nous apprennent des choses fascinantes.

La plasticité de nos comportements est fondamentale pour nous adapter, mais qu’est-ce qui gouverne cette plasticité dans notre cerveau ?

Des études japonaises récentes mettent en évidence le rôle spécifique joué par les neurotransmetteurs cholinergiques situés dans le stratum, une structure nerveuse subcorticale.

Pour l’instant les chercheurs n’ont mené des expériences que sur des rats. Ils ont créé une habitude de substitution et mesuré le taux d’activation des neurotransmetteurs cholinergiques. Les chercheurs ont constaté que les niveaux mesurés sont significativement plus élevés que le taux habituel relevé chez les animaux de contrôle.

Ainsi, l’activation des neurotransmetteurs cholinergiques joue un rôle dans l’ancrage d’une nouvelle habitude. Lorsqu’une vieille habitude est remplacée par une nouvelle, cela facilite la plasticité comportementale.

Les résultats de cette étude confirment ce que plusieurs d’entre nous savent déjà : il est plus efficace de remplacer une habitude par une autre, plutôt que de tenter de la supprimer. Lire mon article sur le sujet : une tactique simple pour chasser une mauvaise habitude.

Pour casser une habitude et la remplacer par une autre, il faut que nous puissions faire preuve de plasticité comportementale.


Ce qu’il faut éviter :

  • Se complaire dans nos anciennes habitudes et se contenter de réagir comme nous en avions l’habitude.
  • Refuser d’explorer de nouvelles pistes, de nouvelles manières de faire.

Ce qu’il faut encourager :

  •  Réduire notre dépendance par rapport aux stratégies comportementales habituelles.
  •  Favoriser l’exploration de nouveaux comportements.

Les neurotransmetteurs cholinergiques ont pour effet d’inhiber les neurones encodant nos vieilles habitudes.

L’impact des neurotransmetteurs cholinergiques concerne spécifiquement la substitution d’une habitude (existante) par une autre et leur action n’aurait pas d’impact sur le circuit de la gratification ou de la motivation. En d’autres mots, il s’agirait d’un mécanisme de reprogrammation « automatique » des habitudes sans que la recherche d’une gratification ou que la motivation n’ait de rôle à jouer.

Deux conclusions s’imposent :

1. Il est préférable de casser une mauvaise habitude en la remplaçant par une autre, une bonne habitude de préférence.

2. Le processus de substitution pourrait être facilité par l’activation de neurotransmetteurs sans que nous ayons à faire des efforts particuliers de motivation ou sans qu’on nous fasse miroiter une récompense.

 Photo : Justyn Warner, Unsplash

Photo : Justyn Warner, Unsplash

3. Changer d’attitude n’entraîne pas automatiquement un changement de comportement.

De manière générale, notre intention, notre désir de changer, ne se traduisent qu’en de petites modifications de notre comportement. Puisqu’il en est ainsi, il se peut que les processus mentaux à la base de l’attitude et du comportement soient différents de ce que nous pensions.

Des chercheurs se sont penchés sur cette question embarrassante. Mais tout d’abord, que nous enseigne la croyance populaire ?

La croyance populaire nous enseigne qu’un individu modifiera son comportement s’il est persuadé de son bien-fondé. Dès lors, tout est une question de motivation et de volonté.

S’il est plus ou moins motivé, ou si sa capacité à changer est faible, il sera peu enclin à entreprendre les changements de comportement qu’il envisage.

À l’inverse, un individu très motivé et apte au changement sera porté à élaborer un plan d’action précis et efficace pour amorcer les changements de comportement nécessaires.

Mais si l’on envisage le problème sous un autre angle, et que l’on suppose d’entrée de jeu que les attitudes et les comportements font appel à des mécanismes psychologiques différents.

Des modèles récents suggèrent que nous développons une habitude grâce à un apprentissage instrumental — un apprentissage qui tient compte de la conséquence d’un comportement avant qu’il ne se produise — un apprentissage sur lequel les messages de persuasion ont généralement peu de prise.  

Ainsi, l’idée qui veut qu’un message de persuasion puisse changer l’attitude d’un individu ne signifie pas que ce message puisse modifier un comportement.

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En ce qui concerne nos habitudes, l’intention de changer ne se traduit pas en un nouveau comportement. La cause véritable d’une modification d’un comportement ne dépendrait pas d’une attitude jugée faible, mais de la force avec laquelle nous faisons l’apprentissage d’un comportement.

Une centaine de participants se sont prêtés à trois expériences en laboratoire. Dans chaque cas :

  1. Les participants ont été divisés en deux groupes. Le premier groupe — le groupe neutralisé — a été soumis à une procédure visant à réduire leur niveau de motivation afin de les rendre plus susceptibles d’être influencés par des messages de persuasion. Le deuxième — le groupe de contrôle — n’a pas été soumis à cette procédure.
  2. Les deux groupes ont ensuite écouté des messages de persuasion et leurs attitudes ont été notées.
  3. Finalement, les deux groupes se sont prêtés à des tâches à choix multiples et leur comportement a alors été mesuré.

L’intérêt principal de ces expériences consiste à mesurer le comportement réel des participants, et pas simplement leurs intentions de changer.  

Le « groupe neutralisé » qui a participé à la première expérience s’est montré plus ouvert au végétalisme que le groupe de contrôle. Toutefois, cette attitude d’ouverture ne s’est pas traduite par un changement de comportement. Les deux autres expériences sont venues confirmer la première.

Cette étude démontre que ce sont les habitudes qui expliquent le fait que la persuasion n’a pas le même effet qu’il s’agisse de l’attitude ou du comportement. Si nous voulons véritablement changer, ce sont nos habitudes que nous devons modifier ainsi que les processus cognitifs qui peuvent nous aider à y parvenir comme la planification, l’organisation, l’élaboration de stratégies, et l’analyse fréquente des progrès accomplis.

Laissons donc les attitudes de côté, et concentrons-nous sur les habitudes.

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Que se passe-t-il lorsque nous sommes en train de développer ou de changer une habitude ?

Lorsque nous faisons l’apprentissage d’un nouveau comportement, deux processus sont engagés simultanément :

1. Une association est faite entre la réponse à un stimulus et le résultat obtenu. Cet encodage est nécessaire afin de produire à nouveau cette réponse lorsque nous voulons à nouveau obtenir le même résultat.

2. En même temps, et indépendamment du résultat obtenu, une connexion est établie entre le stimulus et la réponse. Cette connexion est à la base du développement d’une habitude.

Le premier processus est consciemment orienté en fonction du but poursuivi lorsque nous désirons développer une habitude. Le deuxième se met en place de manière plus ou moins automatique, selon la répétition, l’habitude se mettant ainsi en place progressivement.  

Des recherches en neurosciences ont été menées pour tenter d’y voir plus clair. Des tests d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle ont été réalisés sur une cinquantaine de participants afin de déterminer les zones du cerveau concernées.

Deux régions du cerveau sont concernées : le lobule pariétal inférieur et le cortex préfrontal ventromédian.

Durant la période d’apprentissage, on peut prédire la solidité avec laquelle une habitude sera encodée selon l’activation des régions concernées.

Les habitudes les plus solides sont celles qui sont associées à une diminution de l’activité cérébrale dans le lobule pariétal et le cortex préfrontal. À l’inverse, les habitudes les plus faibles se caractérisent lorsque les deux régions concernées demeurent activées durant la période d’apprentissage.

Entre d’autres mots, lorsque le cerveau cesse de se préoccuper, ou se préoccupe dans une moindre mesure des résultats obtenus lors de l’apprentissage (types de résultats, mesures, efficacité de l’approche en foncions du but recherché, etc.), l’habitude en question est sans doute suffisamment encodée pour qu’elle produise d’elle-même les effets souhaités sans que les fonctions cognitives n’aient sans cesse à vérifier et à mesurer les résultats désirés.

Les résultats de ces études concordent. Il ne suffit pas de vouloir changer d’attitude pour que nos comportements suivent. Tout dépend de l’efficacité avec laquelle nous développons de nouvelles habitudes. Et, dans l’apprentissage de ces habitudes, notre plan d’action (but poursuivi, actions à mener, mesure des résultats) tout autant que la mécanique répétitive avec laquelle nous encodons la nouvelle habitude a un rôle important à jouer. Ce sont les bases du système que les participants mettent en place pendant le cours en ligne, Dessinez votre futur.

Comprendre pourquoi nous faisons les choses et ce qui se passe dans notre cerveau au moment où nous les faisons, peut nous aider à mieux organiser nos activités quotidiennes. Il suffit parfois de petits changements pour améliorer notre qualité de vie et notre satisfaction à la fin d'une journée.