Communautique

Comment réussirons-nous à bâtir
une société du mieux-vivre ensemble ?

En France, des intellectuels convivialistes (philosophes, sociologues, politicologues...) et des auteurs réfléchissent et s'apprêtent à publier le fruit de leurs réflexions sur cette question primordiale. Au Québec, des personnes se mettent en mouvement pour mener des expérimentations de co-création et en tirer des apprentissages, de la connaissance et des leçons pour développer de nouveaux modèles.

Un premier exemple concret est le travail mené par Ann-Louise Davison de l'Université Concordia.

Un deuxième exemple est la réflexion prospective que l'équipe de Communautique a menée pendant son assemblée générale le 8 mars 2016. Ensemble, ils ont imaginé quels rôles pourrait jouer Communautique socialement et pédagogiquement pour accroître la confiance dans certains modèles qui pourront contribuer à résoudre des problématiques sociales et économiques.

Le premier volet était une présentation passionnante TECHNOLOGIES DE CONFIANCE ET SOCIÉTÉ OUVERTE : BLOCKCHAIN, FAB LAB ET BADGES NUMÉRIQUES de Geoffroi Garon-Épaule, doctorant, entrepreneur et chercheur en design communautique, compétences, usages et systèmes sociaux numériques au Laboratoire de communautique de l'Université du Québec à Montréal et chercheur en résidence chez Communautique.

Je vous invite à lire son billet du 9 mars sur son blog et à parcourir sa présentation, vous y apprendrez énormément de choses.

http://www.geoffroigaron.com/2016/03/chercheur/technologies-de-confiance-et-societe-ouverte-blockchain-fab-lab-et-badges-numeriques/


Le deuxième volet était une séance prospective de co-design pour réfléchir aux modèles qui pourront nous aider à résoudre des problématiques sociales et économiques.

Afin de permettre une mise à niveau des connaissances de tous les participants et stimuler le plus possible leur imagination et leur motivation, j'ai ouvert la séance avec des extraits du film The Big Short (Le Casse du siècle) que je vous recommande si vous ne l'avez pas encore vu, il a remporté le prix du meilleur scénario adapté à la cérémonie des Oscars 2016.

Le film d'Adam McKay est une adaptation du best-seller de Michael Lewis qui est resté 28 semaines en tête du New York Times. Vous vous souvenez ? C'est la triste histoire des intervenants financiers qui avaient anticipé la crise des subprimes (2007) et la crise bancaire et financière (2008). Ce qui est le plus terrible et incompréhensible dans cette affaire dramatique, c'est la morale de l'histoire. Après ce scandale innommable où des millions de personnes ont perdu leurs économies, leurs maisons, leur travail, leur vie... non seulement personne ou presque n'a été puni parmi les coupables, mais de nouveaux produits financiers de même nature existent encore aujourd'hui !

Voilà pourquoi nous devons comprendre les mécanismes qui nous gouvernent et soutenir les approches de co-création et de co-design de sorte que l'usager, le citoyen ou le client soit partie prenante du processus de fabrication des produits et des services qui lui sont destinés, une façon de prévenir de tels abus dans l'avenir.

UNE QUESTION DE CONSCIENCE !
Si chacun ouvre les yeux et décide d'agir, à sa petite échelle, en collaboration avec d'autres, le changement s'opérera presque à notre insu. C'est le concept d'autopoiesis développé par Humberto Maturana et le neurobiologiste et philosophe, Francisco Varela. Si chacun s'engage le plus entièrement possible dans l'action, avec le souci du bien commun, les choses adviendront et nous étonneront. Si nous gardons un esprit ouvert, respectueux des autres, d'une question ouverte à l'autre, nous cheminerons plus efficacement. Le co-design permet plus de conscience chez les participants. Mais qu'est-ce que la conscience ? Phénomème complexe à décrire, Francisco Varela partage ici ses réflexions sur la conscience.

UNE QUESTION DE CONFIANCE !
Le co-design implique aussi évidemment la notion de confiance. Pouvons-nous faire confiance aux humains ? Lors de La nuit des robots organisée par Communautique et Les Cahiers de l'imaginaire, il a été intéressant de découvrir les réponses des participants à la question Qu'est-ce qu'un humain ?

Ce sont des humains qui inventent et développent les robots et l'intelligence artificielle. À la question qu'est-ce qui menace le plus les humains, un participant a répondu MOI. Nous sommes notre plus grande menace. Il est donc essentiel de travailler sur les valeurs qui nous unissent et les modèles qui nous aideront à évoluer vers plus de confiance les uns envers les autres... Saurons-nous adopter des comportements et des usages plus respectueux des autres, des attitudes et des comportements plus éthiques ? La gouvernance, oui ! Mais que diriez-vous d'une gouvernance qui va au-delà d'un état de droit. J'aurais envie de parler d'une gouvernance de cœur... qui permet à chacun de contribuer au bien commun et d'être reconnu pour cette contribution.

Comment pouvons-nous apprendre à mieux nous gouverner collectivement ? Cela se décline en responsabilités sociales, culturelles, technologiques, économiques, scientifiques... La confiance pourra se développer à la condition que tout un chacun ait le pouvoir et le désir de prendre ses responsabilités individuelles et collectives. Les mots sont importants. Nous nous construisons en racontant des histoires. Et les actes qui permettent de les incarner, le sont tout autant.

Cela nous a amené directement vers des sujets que j'ai déjà traité dans ce blog : Peut-on se faire confiance ?, Les robots et nous, Le deep learning. Après le partage d'un état des lieux : Qu'entend-on au juste par robotique et intelligence artificielle ? Qu'est-ce que l'empathie artificielle ? Qu'est-ce que le deep learning ? Devons-nous craindre les machines et l'IA ?

« Le développement de l'intelligence artificielle entièrement autonome pourrait signifier la fin de la race humaine », a déclaré Stephen Hawking à la BBC en 2014.
A la même époque, Elon Musk disait craindre que « l'intelligence artificielle devienne notre plus grande menace existentielle. »

Pour faire la part des choses entre science-fiction et réalité, je vous invite à regarder le reportage du New York Times. Les chercheurs interviewés affirment que nous serions plus près d'une machine qui va nous assister dans nos tâches quotidiennes que d'un Terminator.

Rassurés que les humains aient encore leur mot à dire, nous étions maintenant prêts à entreprendre le jeu de co-design pour imaginer des solutions pour l'avenir. L'innovation nous appartient. Les récentes études montrent que les innovations de nouvelle génération les plus spectaculaires ne sont pas nécessairement des innovations technologiques (IPod, IPhone...), mais des innovations radicales de produit, de service ou d'usage (ex. Occitane, préparer ses produits soi-même), des innovations de processus (ex : Lufa, La ruche qui dit oui...), des innovations marketing et commerciales, des innovations de procédé ou d'organisation (ex : FabLabs...), des innovations sociales (ex : Easy Latrine, InControl...) et des modèles d'affaires (Uber, AirBnB...).

Tout est imaginable... il suffit d'apprendre à co-designer des solutions aux problèmes en faisant participer l'usager ou le citoyen. C'est ce que nous avons expérimenté en un peu plus d'une heure pendant notre atelier-jeu :


SAUT QUANTIQUE POUR COMMUNAUTIQUE
« On change le monde ! »

Première étape, chaque participant pige une carte pour endosser un rôle différent et multiplier les regards et les postures. 

Deuxième étape, on pige un scénario. On réfléchit mieux dans le concret.

Troisième étape, le processus de Design Thinking peut commencer...Cinq équipes se mobilisent autour de cinq problématiques sociales et économiques.

Équipe No. 1 : Denis Falardeau, Gabrielle Langlois, Raquel Penalosa et Mai Thai.
Thème : Les sans-abris.
Scénario : Les bourses s’écroulent. La situation économique se détériore. Et il n’y a pas de reprise en vue. Le nombre de SDF ne cesse de s’accroître. Les accueils sont débordés. Les services d’aide ne suffisent plus. Les inégalités de revenus augmentent sans cesse. Plusieurs emplois traditionnels sont remplacés par les robots.

Équipe No. 2 : Ariane Gamache, Mathieu Laporte, Valérie Massé et Anna Rozanova.
Thème : La Robotique (Ex: Pepper). 
Scénario : Jacques fêtera ses 83 ans l’an prochain. Fêter c’est beaucoup dire. Jacques souffre de la maladie d’Alzheimer. Il ne reconnaît plus ses proches. La plupart de ses amis sont décédés. Les autres ne viennent plus le visiter. C’est sa fille Madeleine qui s'occupe de lui. Une tâche de plus en plus difficile et éprouvante. Sa fille n’a pas les ressources financières requises pour placer Jacques dans une maison spécialisée. Heureusement, Madeleine a pu participer à un projet pilote de robotique assistée. Pendant un mois, un robot a aidé Madeleine dans l’exécution de plusieurs tâches. L’expérience est concluante, mais lorsque Madeleine a voulu acheter le robot, elle a constaté que cela était au-dessus de ses moyens : 5,000 $ à l’achat et des frais mensuels additionnels de 600 $.

Équipe No 3 : Michel Brière, Guillaume Coulombe, Anne-Marie Grandtner et Cédric Hédont. 
Thème : Rupture numérique et Solitude. 
Scénario : Janine a de moins en moins de forces, elle doit se résigner. Sous les conseils de son médecin, elle déménage dans une maison de retraite pour personnes âgées défavorisées. En arrivant, elle s’ennuie… personne n’est à l’aise avec les technologies, elle a un lit, une petite table, un fauteuil... Les autres résidents sont dans leur bulle, très seuls ou ils perdent un peu la raison. À part le personnel, il n’y a pas de jeunes. Janine ne parle plus, ne sourit plus, elle se laisse mourir à petit feu.

Équipe No 4 :  Elsa Bert, Vincent Chapdelaine, Louise Rachel Barry, Diane Raymond et Malika Alouache.
Thème : La démocratie urbaine. 
Scénario : La semaine dernière, 745 immigrants sont arrivés à Drummondville. Une réunion d’urgence du conseil municipal s’est tenue hier dans le chaos. Les citoyens ne s’entendent pas et leurs représentants non plus. La venue de ces migrants de cultures et de provenances diverses, soulève de nombreux problèmes : langues, emplois, qualifications, religion, intégration politique et sociale. Les opinions divergent sur les mesures à prendre et il est difficile de brosser un tableau d’ensemble de ce que la population souhaite.

Équipe No 5 : Sarah Carnus,  Marc-Olivier Ducharme, Lyse Lafontaine et Philippe Le Roux.
Thème : Embouteillages. 
Scénario : 
Montréal, 8 juillet 2019, 7h45. Embouteillage monstre. Non, il ne s’agit pas de la neige, ni du verglas, nous sommes en plein été. Il ne s’agit pas non plus du pont Champlain qui est en reconstruction ni d’un festival qui bat son plein et qui attire un nombre élevé de touristes. C'est tout simplement parce que le nombre d’automobiles ne cesse d’augmenter. Ni les Taxis Verts, ni Uber qui a récemment augmenté ses prix, ni le co-voiturage, ni l’accès au transport en commun ne parviennent à résoudre le problème.

Quatrième étape : Trouvez les bonnes questions qui mèneront à la question puissante, celle que nous approfondirons pour chercher les meilleures solutions.

Cinquième étape, allez vers l'autre, confrontez ses idées, reformulez la question avec l'aide des usagers. Une culture d'empathie signifie être prêts à se remettre en question. Le secret : Bien écouter ceux pour qui on cherche des solutions. C'est souvent ceux qui sont au plus près des problèmes qui auront les idées des meilleures solutions. Souvenez-vous du conseil de Francisco Varela  : Garder les questions ouvertes... et j'ajouterais, faites confiance à votre créativité.

Sixième étape, à l'envers, à l'endroit, on explore toutes les facettes du problème. On adopte une approche à la fois holistique et synthétique en cartographiant différents aspects du problème.

Septième étape, on imagine mille solutions. Le dessin est souvent un accélérateur d'idées.

Les équipes s'emballent... la directrice générale, Monique Chartrand, est la gardienne du temps. Bouillon de culture et d'idées... la passion est palpable, pas facile de respecter des temps hyper courts. La créativité explose. Ainsi que l'humour.

Gabrielle Anctil, Marc-Olivier Ducharme, Lyse Lafontaine, Philippe Le Roux et Sarah Carnus.

Gabrielle Anctil, Marc-Olivier Ducharme, Lyse Lafontaine, Philippe Le Roux et Sarah Carnus.

Les équipes ont quelques minutes pour présenter leurs idées aux autres équipes.

Raquel Penalosa et Gabrielle Langlois (Denis Falardeau et Mai Thai absents sur la photo)

Raquel Penalosa et Gabrielle Langlois (Denis Falardeau et Mai Thai absents sur la photo)

Une idée formidable émerge pour les sans-abris : Par l'intermédiaire du Mandalab, créer un répertoire d'offres et de demandes. Mettre en relation les compétences des uns pour répondre aux besoins des autres. Allez dans la rue... à la recherche des compétences de chacun. Ce n'est pas parce qu'une personne n'a plus d'emploi ou de toit qu'elle n'a pas de valeur. 

Raquel Penalosa et Mai Than (Denis Falardeau et Gabrielle Langlois absents sur la photo)

Raquel Penalosa et Mai Than (Denis Falardeau et Gabrielle Langlois absents sur la photo)

Un réseau qui valorise l'apport de chacun pour contribuer au bien commun à l'aide de formations pertinentes et continues, de reconnaissance des compétences (réputations)... en d'autres mots, un répertoire qui pourrait inspirer un nouveau modèle de société collaborative en vue de préserver la dignité de tous. Allez à la rencontre des personnes et leur faire une place dans un répertoire de compétences.

L'équipe du projet Pepper a aussi eu une idée géniale pour Madeleine dans le scénario Pepper.  Mettre sur pied une coopérative pour que tous puissent bénéficier des meilleures technologies sur le marché à faibles coûts !

Anna Rozanova, Valérie Massé et Mathieu Laporte (Ariane Gamache absente sur la photo)

Anna Rozanova, Valérie Massé et Mathieu Laporte (Ariane Gamache absente sur la photo)

Les membres de l'équipe se sont posé une multitude de bonnes questions qui les ont conduits à une question puissante : Pourquoi choisir ? Pourquoi Madeleine ne pourrait-elle pas bénéficier de tous les robots disponibles pour l'assister dans ses différentes tâches pour s'occuper de son père qui souffre d'Alzheimer. Et voilà qu'a émergé l'idée de créer une coopérative qui donnerait accès à plusieurs modèles de robots complémentaires. Une idée brillante !

Pourquoi Janine doit-elle vivre une vie si triste pour ses dernières années ? L'équipe de Cédric, Guillaume, Anne-Marie et Michel a eu l'idée extraordinaire de faire voyager Janine et tous les autres résidents à l'aide d'un casque de réalité virtuelle. Imaginez des jeux, des voyages, des expériences pour stimuler leur imagination, leur mémoire et contribuer à une fin de vie heureuse même si elles ont perdu de la mobilité et de l'autonomie. En leur faisant vivre des voyages virtuels, les résidents pourraient même retrouver le goût du dialogue et de l'échange. Ils pourraient se remémorer les voyages virtuels qu'ils ont faits ensemble... tout en étant assis dans leur fauteuil.

Guillaume Coulombe, Anne-Marie Grandtner et Michel Brière (Cédric Hédont absent sur la photo)

Guillaume Coulombe, Anne-Marie Grandtner et Michel Brière (Cédric Hédont absent sur la photo)

Guillaume a joué à merveille le rôle du politicien dans l'équipe. Si nos taxes servaient à développer de tels projets, on changerait le monde en peu de temps !

Il y a une graine d'avenir dans ce dessin, j'espère que nous travaillerons à le concrétiser.

L'équipe de Vincent, Louise, Diane et Malika (Elsa est absente sur la photo) a aussi eu une idée remarquable pour la démocratie urbaine : Une plateforme d'échanges développés par tous et pour tous !

Vincent Chapdelaine, Louise Rachel Barry, Diane Raymond et Malika Alouache.

Vincent Chapdelaine, Louise Rachel Barry, Diane Raymond et Malika Alouache.

Comment passer d'une démocratie représentative à une démocratie participative ? Quel projet de société pourrait rassembler tout le monde ? Quelles sont les valeurs communes de toute cette population ? Si tout le monde collaborait à une œuvre musicale commune, quelle serait-elle ?

D'une question à l'autre, l'équipe a évolué vers ce projet de plateforme, SEL, Service d'Échange Local, une sorte de 'e-bay' citoyen de services et de produits dont certains seraient gratuits. Vous avez des choses à donner, vous les offrez sur la plateforme. Vous avez des besoins, vous faites un appel sur la plateforme. Un lieu virtuel d'échanges pour que tous puissent participer à la vie et à la démocratie de leur ville.... j'y ai vu une forme d'auto-organisation pour résoudre des problèmes dans l'esprit du concept de l'autopoiesis de Francisco Varela.

Lyse Lafontaine, Sarah Carnus et Marc-Olivier Ducharme (Gabrielle Anctil et Philippe Le Roux sont absents sur la photo).

Lyse Lafontaine, Sarah Carnus et Marc-Olivier Ducharme (Gabrielle Anctil et Philippe Le Roux sont absents sur la photo).

La dernière équipe a remporté un franc succès avec son projet Turbout. D'une part, ils se sont posé une foule de questions. Où vont tous ces automobilistes ? Qu'est-ce qui les attire autant ? La beauté du bitume ? 

Comment réduire les déplacements aux heures de pointe ? Comment ne pas creuser l'écart entre les riches et les pauvres ? Où vont donc les automobolistes ? Mais nulle part ! Si nous nous entêtons à conduire une voiture aux heures de pointe, l'idée d'y être debout permettra à plus de voitures de circuler et si jamais vous manquez d'essence ou d'électricité, vous pourrez toujours utiliser vos pieds ! À votre Turbout !

Au bout du processus, il faut prototyper, ne pas attendre que tout soit parfait, mais plutôt 'faire ensemble', c'est à ce moment-là que d'autres idées et d'autres solutions encore plus géniales émergeront. Les humains sont créatifs. Se priver de cette énergie créatrice est un énorme gaspillage. Ces idées ont émergé en moins de deux heures entre quelques personnes... Imaginez si nous étions plus nombreux ! Rejoignez-nous chez Communautique.

Sarah Carnus, la web designer du nouveau site internet de Communautique

Sarah Carnus, la web designer du nouveau site internet de Communautique

La rencontre s’est terminée, de manière festive, lors d’un 5 à 7 de présentation du nouveau site web de l’organisme. Les membres de Communautique ont pu en apprécier le contenu  : www.communautique.quebec.


Pour en savoir davantage sur Communautique et sa directrice générale, Monique Chartrand, lire aussi le billet : Le monde du faire