Des wearables

qui se cicatrisent !

Tout ce qui est vivant est mou, ou presque. Ce qui est vivant peut ainsi être déformé de plusieurs façons : compressé, étiré, tendu, gonflé.

En revanche, tout ce qui est électronique est dur et cassant. Et surtout, tout ce qui est électronique est incapable de se cicatriser.

Du moins pour l’instant.

Une équipe de chercheurs du département de génie chimique de l’université Stanford est en train de remettre en question nos a priori.

L’équipe a mis au point des composantes électroniques polymères extensibles qui peuvent se cicatriser si elles se brisent.

Les applications sont multiples et les premières qui nous viennent à l’esprit sont les wearables.

L’introduction d’un pont hydrogène dans la structure moléculaire de polymères conducteurs rend possible leur élongation. Les semi-conducteurs sont fabriqués en une chaîne de composantes cristallines (responsable du transport des charges électriques) qui alternent avec des régions amorphes et souples constituées de ponts d’hydrogène. Ce sont les régions amorphes, extensibles qui absorbent les déformations sans pour autant nuire au transport de charge. Advenant une déchirure, suite à une sollicitation extrême, le matériau peut être cicatrisé ou recousu à l’aide d’un solvant et d’un peu de chaleur.

Des essais ont été menés. Des wearables ont été testés sur des humains. Même après plus de 500 cycles de tension et de contraction simulant différents mouvements du corps (mouvements de la main, bras pliés, étirements du coude), les wearables ont conservé leurs propriétés électriques.

Nous sommes encore loin du Graal qui consisterait à produire une peau artificielle dotée de toutes les propriétés protectrices, d’enregistrement de données (température, douleur, toucher...) et régénératrices—caractéristiques de la peau humaine. De plus, dans l’état actuel de la technologie, d’autres obstacles doivent être franchis comme par exemple une miniaturisation accrue et une meilleure efficacité énergétique.  

Mais d’ores et déjà, les wearables bioniques et intelligents sont à notre portée.


Source : Bauer, S. And Klatenbrunner, M. Semiconductors that stretch and heal. Nature, 17 November 2016, p.365.