Tempête

d'idées !

Photo et dessin©Pierre Guité, Tempête d'idées par Sylvie Gendreau, Votre laboratoire créatif.

Photo et dessin©Pierre Guité, Tempête d'idées par Sylvie Gendreau, Votre laboratoire créatif.

Est-ce que des idées géniales émergent pendant une séance de brainstorming traditionnelle ? Pas vraiment.

Rares sont les personnes douées pour animer de telles séances. Cela explique probablement la mauvaise réputation qu’a acquise cette méthode au fil du temps. Dès l’ouverture de la séance, les plus extravertis se lancent avec enthousiasme et passion. Les introvertis écoutent et adhèrent aux idées des premiers sans vraiment partager ce qu’ils pensent. Si certains souhaitent s'exprimer, les bavards leur en laissent rarement l'occasion. Et puis, lorsque nous avons une idée en tête, il devient plus difficile de penser à d’autres idées. Il est préférable de pouvoir émettre ses idées avant d’avoir entendu celles des autres. Sans compter qu’en entreprise, il arrive souvent que les personnes préfèrent ne pas partager leurs idées par crainte de se retrouver responsable de leur exécution.

Les études démontrent que les meilleurs brainstormings sont silencieux (20% plus d’idées)1. Ils permettent à tous de s’exprimer librement. Selon Loran  Nordgren, professeur à l’Université Kellogg, les brainstormings seraient encore plus efficaces lorsqu’ils sont anonymes.

La méthode consiste, dans un premier temps, à demander aux personnes d’écrire leurs idées sur des cartes séparées (une idée par carte) et d’aller les coller au mur. L'animateur doit insister pour que chacun écrive de sorte à ne pas être reconnu. 

Dans un deuxième temps, tous les participants votent pour les meilleures idées. Après ces deux premières étapes, on analyse, en groupes, les idées les plus intéressantes. C’est seulement à la toute fin qu’on pourra découvrir éventuellement qui sont les auteurs des idées retenues.

Ce qui fait la qualité d’un brainstorming, c’est la quantité d’idées émises, lire le post, Jamais trop d’idées. Plus nous avons d’idées, mieux c’est. Il ne faut surtout pas évaluer leurs valeurs, à ce stade la qualité importe peu. Les idées brutes ne sont que des pistes pour enclencher le véritable processus de réflexion et de création qui s'ensuivra. Les vrais résultats se produisent lors de l’interaction entre les participants pour approfondir les  idées retenues en imaginant mille combinaisons possibles. C’est en tournant et retournant une idée sous tous ses angles que souvent le génie se révèle, un sujet que j’aborderai dans un post ultérieur.

Pour la réussite d’un brainstorming, ce qui est conseillé, c'est d'écrire d’abord et de parler ensuite. Cette approche évite de vouloir paraître intelligent à tout prix pour impressionner les autres. L’atmosphère devient alors plus agréable et détendue, cela permet à tous de s’exprimer. Introvertis comme extravertis.

Côté brainstorming, le célèbre auteur en marketing, Seth Godin, conseille d’associer le ‘pictionary’ au ‘buzz management’. Ce sont ses mauvais souvenirs du collège qui lui ont donné l’idée de cette méthode. Il n’aime pas les quizz où l'on appuie sur un bouton lorsqu’on connaît la réponse. Ce qui le frustre, c’est que même si on connaît la réponse, un autre a souvent appuyé sur le bouton avant nous. Pour des activités créatives, il nous conseille fortement d’appuyer sur le bouton avant même de savoir si l'on connaît la réponse. Si cela se trouve, on aura peut-être la réponse justement parce qu’on a appuyé sur le bouton !

Le ‘buzz management’ associé à la méthode inspirée du jeu Pictionary « Un jeu de société dont le but est de faire deviner un mot, une expression ou une idée à son partenaire dans un temps limité, à l'aide d'un dessin. Le nom est une contraction des mots anglais picture et dictionary. Il fut créé en 1985 par Rob Angel avec des dessins de Gary Everson et l'aide de Terry Langston. » Source Wikipédia

Comment ça marche ?

Les joueurs sont divisés en équipes. Chaque membre de l'équipe est à son tour un dessinateur. Le meneur de jeu tire une carte et annonce à tous les joueurs s'il s'agit d'un nom, verbe, adjectif, adverbe, ou expression, et les points qu'ils peuvent gagner. À un signal, le joueur dessine le mot concerné, et son équipe a une minute pour le deviner. Si les membres de l’équipe le devinent, cette équipe gagne les points et la même équipe continue. Sinon, l'autre groupe a le droit de deviner le mot. Si l'autre groupe devine le mot, ce groupe reçoit un bonus de 50 points. Les deux équipes peuvent également être isolées avec leur dessinateur et l'équipe la plus rapide gagne. On ne doit que dessiner, les chiffres, les lettres, les paroles et les gestes sont interdits ; les rébus sont autorisés. »2

Ainsi dès qu’ils voient un dessin, les participants sont invités à dire des mots, un peu comme dans une charade. Si on est dans un esprit de ‘buzz management’, chacun dira des mots rapidement. Ce processus a l’avantage d’être ludique et d’aider à générer des idées facilement. Avec un mot toutes les cinq secondes, cela fait douze idées par minute, on obtient 720 idées en une heure par personne ! « Pour avoir 99 bonnes idées, il faut en avoir généré au moins 900 », précise Seth Godin.

L’objectif d’un brainstorming est que les personnes se sentent libres d’émettre les idées les plus folles comme les plus sérieuses et prennent un vrai plaisir à ces séances qui doivent générer de la joie et non des frustrations. C'est un jeu où les participants s'entendent sur les règles et se détendent.

Créer est une activité ludique qui donne de l’énergie et déstresse. Amusez-vous... et relisez Jamais trop d'idées pour vous rappeler que produire de la variation est à l'origine même de la vie et de notre évolution.