Demain, je ne procrastinerai plus.

Dessin©Pierre Guité, Demain, je ne procrastinerai plus par Sylvie Gendreau, Votre laboratoire créatif.

Dessin©Pierre Guité, Demain, je ne procrastinerai plus par Sylvie Gendreau, Votre laboratoire créatif.

C'est la rentrée ! Bureau aménagé, nouveaux cahiers prêts à recevoir nos idées, crayons, stylos, cartes et post-it de toutes les couleurs et, bien sûr, nos précieux outils électroniques. Nous sommes motivés et d'attaque pour relever des défis importants. Cette année sera notre année !

C'est parti... 

Dans les parcs et les centres de sport, on sent la motivation : course à pied, marche rapide, programme de sport, yoga...tutti quanti

C'est décidé, nous réaliserons ce que nous avons toujours rêvé : écrire un livre, peindre une toile, lancer une entreprise, un projet humanitaire, créer un jeu ou un jardin...

Et pour certains d'entre nous, le quotidien va prendre le dessus, de nouvelles priorités vont apparaître, on va se focaliser sur autres choses... l'année va se terminer, et on aura l'impression d'avoir fait beaucoup de choses sans avoir accompli ce qui nous tenait vraiment à cœur.

Quels objectifs se fixer ?

Premier constat du consultant Zig Ziglar, le champion des objectifs, selon les dernières études aux États-Unis, seulement 3 % de la population se fixerait des objectifs précis. Or, tous ceux qui le font, sans exception, réussissent mieux. Il est donc très étonnant que même après de longues études universitaires et dans les écoles de commerce, le pourcentage soit si faible. 

La rentrée est donc le moment idéal pour écrire nos objectifs ? L'expert conseille une méthode simple et efficace. C'est notre exercice No 6, Demain, je ne procrastinerai plus.

  • Écrire 25 rêves.
  • Pour chacun nommer les raisons pour lesquelles, ces rêves sont importants pour vous (question de vie ou de mort). Les rêves auxquels vous tenez vraiment sont les seuls que vous pourrez transformer en objectifs.
  • Choisir ceux qui vous semblent vraiment prioritaires à réaliser (à court, moyen, long terme).
  • Réfléchir à au moins un objectif précis dans six domaines de votre vie : physique (santé et bien-être), familial, professionnel, intellectuel et spirituel.
  • Pour chacun de ses six objectifs, détailler selon les sept étapes suivantes :
  1.  Énoncer l'objectif clairement.
  2. Quels avantages vais-je en retirer en le réalisant ?
  3. Quels obstacles devrais-je surmonter ?
  4. Quels compétences ou talents ai-je besoin pour l'atteindre ?
  5. Quelles personnes, quels groupes, quelles communautés peuvent m'aider à réussir ?
  6. Élaborer un plan d'action pour atteindre cet objectif.
  7. Inscrire une date d'échéance.

Cette méthode est celle de Zig Ziglar. J'ajouterais un élément de la méthode de Vic Johnson qui définit ce qu'est un objectif intelligent : Pensez à SMART pour S(spécifique), M(mesurable), A (atteignable), R(réaliste) et T (temps de réalisation-échéance). 

Si vous avez fait cet exercice, bravo. Vous êtes sur la bonne voie!

Ne pas briser la chaîne

Êtes-vous un exemple de discipline ? Un pro de la création ? Faites-vous partie de ceux et celles qui ont la volonté de se mettre au travail pour accomplir ce dont ils rêvent. C'est le même effort de départ que pour arrêter de fumer, il suffit de commencer... nous sommes des êtres d'habitude, dès que nous avons répété l'action suffisamment de fois, on oublie qu'un jour cela a été difficile de s'y mettre.

Selon Steven Pressfield, l'auteur de Gates of Fire, Tides of War, The Warrior Ethos et de Turning Pro, nous serions programmés pour procrastiner ! Dans The War or Art1, il explique que cette petite voix qui nous éloigne de notre but premier est une résistance que nous connaissons tous, la combattre est la première étape pour réussir à créer quelque chose de valable. Cette tension est positive.

Tous les auteurs et dessinateurs le savent, le plus difficile n'est pas d'écrire ou de dessiner, mais d'y accorder le nombre d'heures nécessaires chaque jour. Le célèbre humoriste américain, Jerry Seinfeld qui génère des revenus de 30 millions par année, s'impose des contraintes (jamais de blagues faciles comme sur le sexe par exemple) pour maintenir une tension élevée et stimuler sa créativité. (Lu dans A Beautiful Constraint)2

Photo d'une page du livre Show your Work d'Austin Kleon

Photo d'une page du livre Show your Work d'Austin Kleon

Dans Die Empty, Henry Todd écrit que l'humoriste a confié à Brad Isaac qui lui demandait conseil:  « La clé pour devenir un grand humoriste est de créer toujours de meilleures blagues, et la clé pour créer de meilleures blagues est d'en créer une tous les jours. Il dit garder un calendrier mural géant qu'il marque d'un grand X rouge lorsqu'il a écrit sa blague du jour. Après quelques jours une chaîne se crée. Son conseil aux jeunes humoristes ? : Ne pas briser la chaîne . »3

Dès qu'il finit de monter la dernière scène d'un film, Woody Allen commence à écrire le prochain. Il ne prend jamais de pause entre les deux. Il semblerait qu'Hemingway, écrit Austin Kleon dans Show your work, à la fin de la journée, s'arrêtait d'écrire au milieu d'une phrase pour savoir où continuer le lendemain.4

Commencer est le plus difficile. Ensuite, il faut simplement suivre le conseil de Jerry Seinfeld, ne pas briser la chaîne !

Rendez-vous avec soi-même

Chaque personne a au minimum un talent. Si on ne crée pas ce dont on a vraiment envie, si on laisse gagner la résistance qui nous entraîne vers le bas (loi de la gravité), si on ne fait pas le premier pas pour commencer, si on passe trop de temps devant la télé... les jours, les mois, les années passent.... on peut ainsi gaspiller un potentiel énorme. Une fois cette énergie vitale perdue, elle ne revient pas.

La vie est une lutte perpétuelle entre le 'faire' et le 'non faire'. Il ne s'agit pas ici de faire ce qu'il faut, ce qu'on nous demande de faire, mais d'organiser nos vies pour aussi faire ce que l'on ressent au plus profond de nous comme important. Quelles choses souhaitons-nous vraiment accomplir avant de mourir ?

Dans les posts à venir, je partagerai d'excellentes méthodes conseillées par les experts pour réussir à intégrer plusieurs activités dans nos routines quotidiennes. 

Une vie pleinement vécue exige de la méthode. Contrairement à certaines idées reçues, il ne faut pas croire que les artistes soient des personnes peu organisées. Au contraire, un grand artiste s'organise pour être plus libre de créer, il décide d'y consacrer sa vie. Picasso, les dernières années de sa vie, ne voyait presque plus personne pour terminer ce qu'il avait à accomplir dans son atelier. Même chose pour Oliver Sacks qui s'est dépêché à finir les livres qu'il avait en cours avant de décéder.

Un des premiers dangers avec la procrastination, c'est le temps passé à cogiter dans sa tête ce à quoi ressemblera notre œuvre ou notre projet. Je ferai ceci, cela... Il se trouve que tant que nous ne le faisons pas, nos idées ne valent rien, on ne saura jamais. Dire que nous allons écrire un livre n'a aucune valeur tant que nous n'avons pas terminé de l'écrire. C'est lorsque l'inspiration se confronte à la réalité, lorsque que les choses prennent forme que l'on voit ce qui peut vraiment émerger de nous.

« Génie », écrit Steven Pressfield, « est un mot latin ; les Romains l'utilisaient pour désigner l'esprit intérieur inviolable, l'esprit qui veille sur nous, nous guide vers notre vocation. Un écrivain écrit avec son génie intérieur ; un artiste peint avec le sien ; tout créateur fonctionne à partir de ce centre sacré. Il est le navire de notre être (...) notre étoile. »

Selon nos croyances, on peut appeler cette force intérieure de mille manières, mais ce qui est commun à tous, ce sont ces moments d'inspiration où on a l'impression d'être guidés. Récemment le célèbre écrivain britannique, Ian McEwan, écrivait dans The Guardian qu'en 1970, il a déménagé à Norwich dans un petit appartement le temps qu'il faisait sa maîtrise en littérature. Il avait toujours voulu écrire. Un jour, dit-il, en fin de journée, il avait alors 22 ans, il s'est assis au pied de son lit, a installé une table pliante et a décidé qu'il ne se lèverait pas tant qu'il n'aurait pas terminé d'écrire une courte nouvelle. 

« En une heure, une voix étrange me parlait de la page.  Je l'ai laissée parler. J'y ai travaillé toute la nuit, rempli d'un sentiment romantique de moi-même, l'écrivain se laissant héroïquement entraîner par une idée convaincante, travaillant jusqu'à l'aube pendant que la ville est endormi. J'ai fini autour de 6 heures du matin. »

Cette première nouvelle s'intitule, Conversation with a Cupboard Man. Le jeune homme rangé a été très surpris des personnages 'monstrueux' qui sont apparus, il ne s'attendait pas du tout à cela.

Une histoire de ce type, tous les créateurs peuvent vous en raconter. Voilà le point qui nous relie tous... ce centre intérieur dont parle Steven Pressfield, d'où émerge des mouvements, des mots, des couleurs... rappelez-vous la citation de la célèbre chorégraphe et danseuse, Martha Graham dans mon post Révélez-vous et aidez les autres à se révéler.

Il y a, en chacun de nous, une création qui ne demande qu'à émerger, que vous êtes le ou la seul(e) à pouvoir réaliser. Ne gaspillez pas cette énergie qui vous rendra plus heureux, et par conséquent, nous rendra aussi plus heureux ! Peu importe ce que vous en pensez, ce sera votre contribution pour le monde.

Soyons des pros de la création : Décision de départ, discipline, patience, persévérance et ce sera la récompense. Sur ce chemin, il y a une surprise différente qui attend chacun de nous.

Allez, c'est la rentrée, le moment idéal pour prendre rendez-vous avec vous-même. C'est parti !