La nécessité de lire Alain Caillé

Photo©PierreGuité La nécessité de lire Alain Caillé pour comprendre les enjeux du convivialisme par Sylvie Gendreau, Votre laboratoire créatif

Photo©PierreGuité La nécessité de lire Alain Caillé pour comprendre les enjeux du convivialisme par Sylvie Gendreau, Votre laboratoire créatif

Alain Caillé a le don de mettre les choses à plat d'une manière claire et simple, et il le fait admirablement dans son dernier livre, La sociologie malgré tout, Autres fragments d'une sociologie générale. Une lecture accessible à tout lecteur non spécialiste qui permet de placer les différents penseurs (philosophes, sociologues, anthropologues, ethnologues...) sur le grand échiquier d'une sociologie générale qui ne pourra être écrite que si des passionnés prennent le flambeau que leur passe élégamment le professeur émérite de sociologie à l'université Paris Ouest Nanterre La Défense, aussi directeur et fondateur de la Revue du MAUSS1. Car c'est bien d'élégance qu'il s'agit. Je remercie Alain Caillé pour ce souci de l'autre, ce respect du lecteur. Il est bien plus contraignant d'écrire avec un souci de lisibilité en présentant les thèses des auteurs cités, permettant aux lecteurs que nous sommes, de suivre aisément l'auteur dans ses argumentaires. Quel temps précieux, il nous fait gagner ! Voilà une manière d'écrire qui contribue à rendre l'autre plus intelligent et qui devrait inspirer d'autres auteurs en science sociale qui se cachent parfois derrière un certain snobisme d'érudition et dont les livres nous tombent des mains après les premières pages tant il est difficile de comprendre l'essentiel de leur propos.

Ce livre est fondamental pour deux raisons. La première concerne les enjeux du convivialisme. Que veut dire une société convivialiste au juste ? Alain Caillé est la cheville ouvrière du mouvement convivialiste. Malgré l'Intelligence, la pertinence et la bonne volonté de tous, je ne pense pas qu'un manifeste aurait vu le jour sans lui. Il a fait preuve d'une patience, d'un dynamisme et d'une écoute remarquables. Alain Caillé impressionne ses collègues, depuis longtemps, par son formidable esprit de synthèse qu'il illustre une fois de plus dans La sociologie malgré tout, Autres fragments d'une sociologie générale.

Il faut déjà savoir que les convivialistes ne sont pas tous d'accord sur tout. Si nous avons signé le manifeste, c'est parce que nous partageons le même désir de participer à une société du mieux vivre ensemble. Mais chacun de nous a sa façon d'imaginer quels pourraient être les chemins qui mèneraient au convivialisme. Moi, par exemple, j'ai du mal avec le concept de société de décroissance. Je suis une admiratrice de Charles Darwin (La Théorie de l'évolution) et de Gerald Edelman (Prix Nobel de médecine, 1972), auteur du Darwinisme neuronal et co-auteur de Comment la matière devient conscience), sujets que j'aborderai, dans un autre post. Tout dans la nature évolue, la croissance est au cœur même de la vie. Le choix du mot 'décroissance' (utilisé par plusieurs convivialistes) ne me motive pas à co-construire une société du mieux vivre ensemble, car — à mon humble avis — l'expression porte en elle une notion de mort et d'extinction de l'espèce. Je serais plutôt en faveur d'une croissance autrement pour donner envie aux jeunes de réinventer ce que veut dire croître pour les femmes et les hommes contemporains. Dans la nature, toutes les espèces ne demandent qu'à croître, notre cerveau ne demande qu'à croître... et plus nous vieillissons, plus nous pouvons atteindre de nouveaux niveaux de compréhension et d'intuition, comme le dit le neurologue et essayiste Oliver Sacks. Pour moi, croître est un terme positif en termes de développement. Mais je comprends qu'on souhaite une société de décroissance comme l'a imaginée Serge Latouche, un intellectuel formidablement engagé pour lutter contre la pauvreté. Un des fondateurs de la Revue d'étude théorique et politique de la décroissance Entropia et le directeur, depuis 2013, de la collection Les précurseurs de la décroissance aux éditions Le Passager clandestin. Je suis pleinement solidaire de ce combat sans croissance du PIB comme entendu dans le monde actuel, mais une société n'est pas qu'une affaire économique fort heureusement.

Cultiver l'esprit d'entreprendre me semble essentiel, car je pense que les jeunes entrepreneurs ont des idées qui nous étonneront. Plusieurs savent déjà associer réussite, créativité et générosité. Un nouveau monde se construit.

Cet exemple n'est qu'une petite illustration du nombre de désaccords qui peut exister dans un groupe qui décide tout de même d'avancer ensemble pour esquisser à quoi pourrait ressembler le convivialisme. Et cet esprit —tout maussien—nous dirait Alain Caillé me plaît énormément. Pour Marcel Mauss, les conflits sont constitutifs de notre humanité. Il serait ennuyeux que les convivialistes aient une pensée unique et uniforme. Au contraire, comme la nature nous l'apprend, plus il y a de diversité, plus un écosystème se porte bien pourvu bien sûr que chacun y ait sa place (son espace de liberté et de créativité) afin de contribuer positivement au débat et surtout aux actions concrètes qui en découleront.

Si vous ne connaissez pas Marcel Mauss, lisez vite le livre d'Alain Caillé, c'est une excellente porte d'entrée. L'essai sur le don de Mauss est une source d'inspiration pour imaginer comment pourraient fonctionner des groupes dans une société post-numérique. « Pour Mauss », écrit Alain Caillé, « le politique, le moment de l'alliance qui procède de dons agonistiques, participe d'un ethos démocratique ; (...) Mauss ne souhaite pas l'abolition des conflits mais que soit retrouvée cette sagesse éternelle inscrite dans la condition de l'Homme, vu comme animal politique, qui consiste à savoir « s'opposer sans se massacrer ». »2 Voilà exactement ce qu'il nous faut apprendre dans tout projet d'intelligence collective où chacun est invité à exprimer sa créativité, donc ses différences. C'est par nos différences que l'on peut contribuer davantage à un groupe en co-construction, mais pour que cela soit positif, nous en sommes encore à nos balbutiements. Il reste de nombreuses avenues à explorer et des méthodes à trouver pour peaufiner les expériences de nos living labs.

Apprendre l'intelligence collective aujourd'hui correspond à apprendre à vivre dans une société complexe et numérique qui subit de profondes mutations et dont les langages se transforment à une très grande vitesse. Aider les personnes à mieux coopérer est un véritable défi. S'il y a un domaine où il est plus facile de dire les choses que de les mettre en pratique, c'est bien celui-là. 

Or, il ne s'agit pas seulement de lutter contre la pauvreté matérielle, mais aussi contre la pauvreté intellectuelle, sociale et créatrice. Comment aider chacun à développer son potentiel ? Comment maintenir une conversation vivante entre des mondes qui parlent de moins en moins le même langage ? Quelles méthodes déployer pour que les accomplissements personnels servent les communautés auxquelles les individus appartiennent ?  Que doit-on faire pour contribuer à l'émergence d'une véritable société de contribution ?

Bon nombre de personnes que je fréquente ont un pied dans le futur. Nous aimons nous tenir sur le bout du tremplin pour tenter d'inventer des outils, des méthodes, des applications qui contribueront à vivre autrement, à co-construire une société différente. Mais tout bon artiste ou scientifique doit toujours apprendre à regarder en arrière avant de se projeter dans l'avenir. Comment voulez-vous savoir si votre idée est nouvelle et inventive si vous ne vérifiez pas si des approches similaires ont été réalisées dans le passé ? Ce regard vers le passé qui peut nous sembler parfois une perte de temps lorsque nous sommes aux prises avec des problèmes urgents à régler est pourtant une nécessité qui en bout de piste pourra nous faire gagner énormément de temps, car on pourra s'inspirer des expériences des autres et essayer d'apprendre de leurs erreurs.

C'est la raison pour laquelle, je suis ravie d'être une convivialiste, cela m'aide à réfléchir avec plus de profondeur. Je le dois à ma venue en Bretagne. Si Sonia Scolan ne m'avait pas parlé de Marc Humbert, je n'aurais pas découvert ce groupe. Mon premier coup de cœur s'est produit à la lecture du livre De la convivialité, dialogues sur la société conviviale à venir d'Alain Caillé, Marc Humbert, Serge Latouche et Patrick Viveret3. Mon deuxième coup de cœur est la découverte de la Revue du MAUSS dont le rédacteur en chef est le sociologue et professeur Philippe Chanial.

La deuxième raison pour laquelle, il faut absolument lire Alain Caillé si on s'intéresse à l'intelligence collective, c'est que dans la notion d'un monde de contribution, il y a le mot 'don'. À cet égard les réflexions de Marcel Mauss (bien présentées dans La Sociologie malgré tout) peuvent nous éclairer. Je reprends quelques extraits du livre qui illustrent la pertinence d'intégrer le 'donner, recevoir et rendre' de Marcel Mauss dans tout projet collectif où l'on souhaite voir le plus grand nombre contribuer :

« (...) Ne sont humainement acceptables, conformes à l'être générique de l'Homme, à son guttungswesen et à son gemieinwesen, que les normes culturelles, toujours singulières, qui permettent aux sujets humains d'entrer dans le cycle universel du donner-recevoir et rendre. De « donner autant que l'on reçoit », « de sortir de soi, de donner librement et obligatoirement » comme le formule Mauss.29. 4 Pour Mauss, la condition d'un bon fonctionnement du cycle de don est que soit respecté un équilibre entre intérêt pour soi et intérêt pour autrui (aimance ou empathie), d'une part, entre obligation et liberté/créativité de l'autre. Cet équilibre des quatre mobiles de l'action est également, aussitôt, un équilibre entre ce qui est de l'ordre du sujet individuel (intérêt pour soi et liberté/créativité) et qui relève du collectif (obligation et intérêt pour autrui). 5

« Peuvent ainsi être considérés comme aliénés les sociétés ou les sujets individuels qui ne parviennent pas à entrer correctement dans le cycle du don parce qu'ils se retrouvent figés dans un déséquilibre du rapport entre moment individuel et moment collectif, et bloqués dans un excès d'individualisme (intérêt pour soi) ou de solidarisme (intérêt pour autrui), de ritualisme et de réglementation (obligation) ou, au contraire, de permissivité et de liberté stériles.

« Mais cette aliénation n'est pas aliénation par rapport à une norme universelle, intemporelle, en surplomb de l'Histoire ou des biographies individuelles. Et c'est là que l'hyperrelativisme de Mauss reprend tout son sens. Chaque culture ou chaque sujet entend définir un être-au-monde singulier, autrement dit un rapport spécifique entre moi et autrui, et entre nécessité et liberté, et veut voir reconnue la valeur de cette singularité de son monde qui est aussi singularité de son entrée dans le registre du don. Il y a donc ce qu'on pourrait appeler une double articulation, ou encore un double moment de l'aliénation. Le premier moment, est le moment général, caractérisé par l'incapacité à y entrer à sa façon singulière et à faire reconnaître la valeur de cette spécificité. Une société non aliénée — ou, pour le dire autrement, celle qui favorise l'émancipation—, est donc celle qui permet au plus grand nombre de sujets d'entrer de manière singulière, et reconnue comme telle dans le cycle universel du donner, recevoir et rendre. »6

Ce qui est rassurant avec Mauss, c'est de se rappeler que l'homme n'a pas toujours été un animal économique et que c'est peut-être dans les sociétés archaïques que nous puiserons nos inspirations pour inventer de nouveaux rites, sachant que des milliers d'emplois vont disparaître au cours des prochaines années et que la plupart d'entre nous devront devenir entrepreneur indépendant. Les modèles sociaux que nous connaissons vont s'effondrer beaucoup plus rapidement que l'on ne peut l'imaginer. Les changements dramatiques qui nous attendent méritent qu'on s'y prépare tout de suite.

« Le propre des êtres humains est de vivre dans des sociétés instituées symboliquement, qui se présentent donc sous la forme de cultures. Or, le propre de la culture selon Mauss, c'est d'être arbitraire de ce choix, même si, à l'inverse, il ne remplit sa fonction socialisante que pour autant qu'il apparaît à ceux qui participent de cette culture comme pleinement naturel et allant de soi. (...) Le constructivisme joyeux de Mauss (...) se réjouit de l'existence des différences et de la multiplicité des traits de cultures arbitraires, qu'il se n'agit pas d'abolir mais de rendre compossibles. »7

Avec l'essai sur le don de Marcel Mauss (3), le livre d'Alain Caillé sera pour moi, désormais, un livre de référence. Je le recommande à tous ceux qui participent ou pilotent des projets d'intelligence collective ou des living labs, et comme vous pourrez vous en rendre compte au fil des mois, j'y reviendrai souvent tant cela résonne pour mettre nos projets d'innovation dans une perspective humaniste et convivialiste tout en étant à la fine pointe des technologies immersives et expérientielles que permettent la réalité virtuelle qui font craindre à plusieurs la perte de notre humanité. Mais si on est de nature optimiste, on pourrait aussi y voir l'occasion d'une réinvention sociale, et c'est dans ce contexte, qu'il serait si utile de pouvoir se documenter dans une science sociale générale que veut faire renaître de ses cendres Alain Caillé. En conclusion de son recueil de textes, il propose cinq types de pensée de l'émancipation pour sortir du capitalisme et/ou marxisme ? Son dernier bloc me parle et serait une grande contribution si des chercheurs acceptent son invitation. 

« Le bloc de ceux qui allient une visée d'autonomie ou de démocratie radicales non seulement une réflexion philosophique aiguë, explicitement développée à la fois à partir de Marx et contre lui, mais aussi de véritables analyses économiques, sociologiques et historiques comme à une extrême sensibilité à la question de la finitude et aux risques écologiques majeurs. Et, surtout, qui dessinent les traits d'un après-capitalisme possible qui ne soit pas une simple resucée de l'idéal socialiste ou communiste classique. Dans ce bloc, les trois noms principaux me semblent être  », écrit Alain Caillé, « ceux de André Gorz et de son ami Ivan Illich, ainsi que celui de Cornelius Castoriadis. Et, en arrière-plan, Hannah Arendt, Marcel Mauss et Karl Polanyi.  »8 

Nous aurions beaucoup à apprendre d'études qui feraient apparaître les enjeux et les apports propres à chacun d'eux. Pour cette sociologie générale, Alain Caillé propose les idées principales à débattre sous la forme de quatorze thèses qui j'espère inspireront de jeunes chercheurs : 1) Contradictions du marxisme, 2) L'économisme, 3) Vers une anthropologie alternative, 4) Le capitalisme comme hubris du marché, 5) De l'hubris économique comme sous ensemble de l'hubris général, 6) La question du désirable, 7) Au-delà de la révolution permanente, 8) Au-delà du socialisme et du communisme, 9) Du parcellitarisme, 10) De l'individualisme, 11) Quelle morale à venir, 12) Quel sujet collectif ?, 13) Quelle organisation ? et 14) Concrètement : lutter contre les inégalités et contre la corruption.

Car comme le dit si pertinemment Alain Caillé dans la thèse, Au-delà de la révolution permanente, « Notre but ne peut plus être en effet de seulement changer le monde : il doit être aussi de le conserver et de le sauver. D'abord d'assurer sa survie physique et matérielle. C'est le combat des écologistes. Mais aussi de sauver les valeurs qui ont permis à l'humanité de vivre et de progresser à commencer par les valeurs de l'humanisme et de la démocratie. En un mot, il nous faut déterminer à la fois la part de la nature et la part de culture que nous voulons sauver, pour les adapter à la société que nous voulons construire. »

Vous l'avez compris, j'ai trouvé le livre d'Alain Caillé passionnant. Si vous n'aviez qu'à lire un livre d'ici quelques mois, je pense que vous ne regretteriez pas votre choix.

Vous souhaitez rencontrer Alain Caillé ? Il sera à Rennes au colloque Un autre monde se construit organisé par le CIAPHS et PEKEA pour le mouvement convivialiste. Il se tiendra à l'Université Rennes 2 du 26 au 28 octobre 2015. Ce sera l'occasion d'un échange fructueux qui pourra déboucher sur des pistes d'actions concrètes.

Ce colloque est mis en chantier par tous ceux qui partagent le souci du bien commun et qui refusent les intégrismes, celui des marchés dont la puissance commence à vaciller, celui des fanatismes qui réveillent la barbarie, celui des replis sur soi qui ferment l’avenir. J'y serai, bien sûr. Et je me réjouis d'avance du plein d'idées que nous ferons tous ensemble.


1. La Revue du M.A.U.S.S (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales)
  « Depuis 1981, La Revue du M.A.U.S.S. s’est imposée comme une des toutes premières revues interdisciplinaires et un des lieux importants du débat public en France. Elle offre des perspectives inédites en sciences économiques, en anthropologie, en sociologie ou en philosophie politique.

Aux antipodes de l’encyclopédisme, et grâce à la variété de son questionnement et de ses angles d’attaque, La Revue du M.A.U.S.S. procède à un bilan permanent et raisonné des sciences sociales.

Parce qu’elle s’est toujours refusée à dissocier les discussions proprement scientifiques de leurs enjeux éthiques et politiques, La Revue du M.A.U.S.S. est à l’origine de nombreux débats de société aujourd’hui cruciaux.

« Anti-utilitariste », elle critique l'économisme dans les sciences sociales et le rationalisme instrumental en philosophie morale et politique. Rendant hommage par son nom à Marcel Mauss, elle incite à penser le lien social sous l'angle des dons (agonistiques) qui unissent les sujets humains.

Cette revue de recherche, de vulgarisation et de débats s’adresse à tous ceux qui s’intéressent à ce qui se produit à l’intersection des sciences sociales, du politique et de l’histoire, et plus spécialement aux universitaires, aux chercheurs et aux étudiants.

Ces derniers consulteront avec profit la page À propos du MAUSS qui, outre une présentation de la démarche du MAUSS, comprend un texte résumant le paradigme du don et ses principaux enjeux.

Le M.A.U.S.S. édite également, avec les éditions La Découverte & Syros une collection d’essais : La Bibliothèque du M.A.U.S.S., qui accueille désormais la série « Économie solidaire et démocratie ». Animée par le CRIDA (Centre de recherches et d'information sur la démocratie et l'autonomie, équipe de recherche du LSCI, laboratoire du CNRS LP31), cette série porte sur le fait associatif dans la perspective d'une économie et d'une démocratie plurielles.

2. Caillé Alain, La sociologie malgré tout, Autres fragments d'une sociologie générale, Presse universitaire Paris Ouest, 2015

3. Caillé Alain, Humbert Marc, Latouche Serge, Viveret Patrick, de la convivialité, dialogues sur la société conviviale à venir, La découverte, Paris, 2011

4. La note 29 dans le texte d'Alain Caillé: « Sortir de soi  » ? C'est, curieusement, l'expression « sortie de soi » qu'on pourrait traduire le concept hégélien d'aliénation, Entaüsserung... mais, chez Hegel, cette « aliénation », cette sortie de soi objectivante est absolument nécessaire à la réalisation du sujet, comme chez Mauss.

5. Mauss Marcel, Essai sur le don, Forme et raison de l'échange dans les sociétés archaïques, Éditions PUF, 1924-1925 (2e édition 2012)

6-7-8-9  Caillé Alain, La sociologie malgré tout, Autres fragments d'une sociologie générale, Presse universitaire Paris Ouest, 2015


Lire le conte  Il sera une fois... le désir convivial par Alain Caillé

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