Les forêts verticales

L'immeuble milanais est juste incroyable. Pour remplacer la ville du XXe siècle, caractérisé par son manque d'identité et de qualité, l'architecte Stefano Boeri a imaginé La forêt verticale, un immeuble innovant qui peut insuffler un nouvel urbanisme remettant la biodiversité au cœur des villes : un hectare de végétation, 20 000 plantes, 100 espèces différentes, 2 arbres par appartement. 

Photo : Boeri Studio

Photo : Boeri Studio

Son concepteur, l'architecte italien Stefano Boeri est formel : « Une acupuncture des forêts verticales dans toutes les métropoles du monde pourrait améliorer la durabilité et la biodiversité des villes dans lesquelles nous vivons ». Basé à Milan, auteur de plusieurs livres et fondateur de "multiplicité", un réseau international de recherche dédié à l'étude des transformations urbaines contemporaines. Il est professeur de design urbain à Milan et a enseigné en tant que professeur invité dans plusieurs universités. 

Les botanistes italiens ont eu besoin de deux ans d’étude pour choisir les espèces. L'équipe avec l'aide des architectes et des ingénieurs a dû trouver des solutions à de nombreux problèmes, tels que l'irrigation des milliers de végétaux implantés sur des structures, s'assurer que les arbres restent enracinés malgré la force du vent, éviter l'utilisation des pesticides, réutilisation des eaux usés... En hiver, la disposition des arbres plantés laisse entrer le soleil. En été, elle offre une protection rafraîchissante sans l’aide de la climatisation. 

« On dit que vivre à Milan revient à fumer un paquet de cigarettes par jour tant la pollution y est infernale. En 2007, l’architecte italien Stefano Boeri a dit «  stop  » et a décidé d’imaginer un projet urbain mettant fin au délire. Ce sera «  Bio Milano  », une ceinture verte tout autour de la ville censée constituer une barrière écologique protectrice. «  Milan, comme toutes les grandes métropoles du monde, est aujourd’hui à un carrefour, explique-t-il. Elle peut continuer de grandir en absorbant des terres arabes, des forêts, des espaces naturels et ainsi réduire la biodiversité et l’environnement des autres espèces. Ou elle peut choisir de devenir une métropole de la biodiversité, établissant un nouveau rapport entre la ville, le monde naturel et l’agriculture. » écrivait Romains Clergeat en 2013 dans Paris Match. L'immeuble est désormais habité, il sera intéressant de voir s'il tient ses promesses et si l'exemple sera suivi par d'autres constructions du même genre. 

Les deux immeubles de 27 étages avec des balcons, disposés en quinconce ajoute un esthétisme sans fausses notes à la ville de Milan. Si, avec sa végétation luxuriante, il permet d’absorber le CO2, de produire de l’humidité, de rejeter de l’oxygène et de protéger les habitants des particules de poussière, ce sera un pari écologique relevé par un architecte engagé plus que jamais dans des projets de ville verte. Une idée folle qui finalement change la donne de l'architecture urbaine.

Et vous, quelle idée folle aurez-vous cette semaine ?