Liberté. Fraternité. Créativité.

Photo : PIerre Guité. Liberté. Fraternité. Créativité par Sylvie Gendreau

Photo : PIerre Guité. Liberté. Fraternité. Créativité par Sylvie Gendreau

Quel mondes inventer ?

Nous inventons des histoires qui nous ressemblent ou qui sont à l’opposé de nous. Elles permettent de donner du sens à nos expériences. Lorsque nous faisons appel à notre puissance créatrice, nous préparons notre esprit au monde de demain, aux nouveaux outils et technologies que nous inventerons. Outils qui, à leur tour, transformeront nos usages. Fiction et réel se mélangent.

En tant qu’êtres humains, nous avons tous certains besoins primaires en commun : Boire, dormir, avoir le sentiment d’avoir une place dans la société, aimer, être aimés et créer. Lorsque nous racontons nos histoires, nous partageons avec les autres ce que nous sommes. Les réactions et commentaires des autres participent à la construction évolutive de cette histoire.

Depuis des millénaires, la religion est un puissant vecteur pour donner un cadre à des histoires et les transmettre de génération en génération. La culture façonne la vie, le monde et les civilisations. Depuis des millénaires, la religion joue un rôle important dans la fabrication d’histoires, mais pas seulement. L’art, la science, la technologie contribuent tout autant à créer des mondes.

Peu importe nos croyances, nous sommes des inventeurs de monde. Et très souvent, les mondes que nous imaginons finissent par prendre forme dans le réel. Nous n’avons qu’à relire les meilleurs livres de science-fiction pour voir que certains auteurs sont de formidables prospectivistes.

En tant que personnes créatives, nous avons une importante responsabilité. Les mondes que nous imaginons aujourd’hui, les romans et les fictions que nous écrivons, les films que nous fabriquons contribueront à l’imaginaire collectif.

Quel monde voulons-nous ? Un monde de peur et de terreur ou un monde d’entraide et de co-création ? Il est facile de dénoncer des situations avec un regard macroscopique et manichéen. Les autres ont tort. Nous avons raison. Mais si nous revenons, aux besoins primaires de tout être humain, ne tient-il pas à chacun de nous la responsabilité d’aider les autres à créer une histoire ? N’oublions pas que notre propre histoire ne pourra s’écrire sans eux.

Entre héros et martyrs, il y a nous tous. Un génie ordinaire sommeille en chacun, et nous avons tous besoin d’inventer des histoires. C’est ainsi que nous existons. Apprendre la paix exige probablement de développer une nouvelle façon de raconter des histoires qui traceront les chemins des civilisations contemporaines qui ne peuvent plus se construire comme les anciennes. Il faut penser autrement et collectivement. 

Le jour où nous aiderons le plus grand nombre à avoir l’essentiel de ce qu’un être humain a besoin pour vivre et créer, peut-être pourrons vraiment imaginer un mieux vivre ensemble.