Off Ground

LE PRIX DE LA CRÉATION

PAYS-BAS / BOUDEWIJN KOOLE / 2013 / COULEUR / 12 MIN / SANS DIALOGUE

PAYS-BAS / BOUDEWIJN KOOLE / 2013 / COULEUR / 12 MIN / SANS DIALOGUE

Les Cahiers de l'imaginaire ont couvert l'intense Festival du film sur l'art à Montréal. En avril et en mai, nous partagerons ce qui nous a le plus marqué. Ces films, souvent si extraordinaires, sont hélas trop peu diffusés.

La danse est un merveilleux vecteur artistique pour communiquer des émotions, elle nous oblige à ressentir ce qui n'est pas dit avec des mots. Cette année, le Festival du Film sur l'art à Montréal était sous le signe de la danse et de toute sa force symbolique dans une culture.

Le film Off Ground de Boudewijn Koole a remporté le prix de création lors de ce 32e Festival du film sur l'art. Toute la scène se déroule dans une pièce nue avec une table et deux chaises. Rien de plus. Toute l'attention est porté sur le jeu entre une mère et son petit garçon. Inextricablement liés l’un à l’autre dans un flux continu de mouvements et de complicités. Soudainement, le corps de la mère décline. Ses mains lâchent prise. Elle se détache, comme en apesanteur, et disparaît dans l’eau. Poétique et sublime.

Images léchées, éclairage recherché, mouvements rythmés, ce film se démarque de tous les autres comme vous pouvez en juger dans l'extrait qui suit.

Issu d’une collaboration entre le mimographe et chorégraphe Jakop Ahlbom et le réalisateur Boudewijn Koole, ce film observe finement la transition d’un état de conscience à un autre et explore la dualité entre la vie et la mort, le corps et l’esprit, la réalité et l’imagination.

Les interprètes y sont formidables : la célèbre et énergique danseuse québécoise, Louise Lecavalier et le tout jeune Antoine Masson forment un tandem idéal. La musique est signée Alex Simu.

Après des études en design à l’Université de Delft, Boudewijn Koole a fait ses armes dans le documentaire. Il a réalisé plusieurs films pour la télévision hollandaise. En 2012, il signe son premier long métrage de fiction, Kauwboy. Un réalisateur à suivre.


UNE CHAISE POUR UN ANGE

REMPORTE LE PRIX ICI ART-TV, MEILLEURE RÉALISATION CANADIENNE FRANCOPHONE

CANADA, FINLANDE / RAYMOND SAINT-JEAN / 2013 / COULEUR / 74 MIN / FRANÇAIS, ANGLAIS, FINNOIS, S.T. FRANÇAIS

CANADA, FINLANDE / RAYMOND SAINT-JEAN / 2013 / COULEUR / 74 MIN / FRANÇAIS, ANGLAIS, FINNOIS, S.T. FRANÇAIS

Le 32e Festival du Film sur l'art a ouvert avec Une chaise pour un ange du réalisateur canadien Raymond Saint-Jean qui part à la rencontre des Shakers, communauté religieuse protestante américaine reconnue pour la pureté de ses créations dans les domaines du design de l’ameublement, de l’architecture et du chant.

Le chorégraphe finlandais Tero Saarinen s’est librement inspiré de cet univers pour la création de Borrowed Light, une œuvre sur la vie en communauté et le sacrifice individuel. Sujet d'actualité à l'époque où l'on s'interroge sur les façons de développer une société du mieux vivre. Comment respecter l'individualité tout en préservant les valeurs de la communauté ? Ce film fait réfléchir aussi sur le rôle des tâches répétitives pour favoriser la méditation. Tourné en Finlande et aux États-Unis, le film examine l’héritage culturel paradoxal des Shakers qui n’accordaient aucun intérêt à l’art ni même à la simple idée de beauté, et qui, pourtant, ont jeté les bases d’une esthétique nouvelle avec leur artisanat. Encore une fois, la danse aide à approfondir cette réflexion en y associant chants et musique, donc émotions.


TO DANCE LIKE A MAN

Et pour conclure dans la joie ce 32e Festival du film sur l'art, les organisateurs ont sélectionné un autre film sur la danse, To Dance Like a Man de Sylvie Collier, présenté lors de la cérémonie de remise des prix. Un film qui démontre de façon éloquente à quel point la danse contribue à encourager les jeunes cubains à la discipline et à la rigueur.

Trois jeunes garçons identiques partagent une même passion : danser. C'est l’histoire de César, Angel et Marcos, élèves de la prestigieuse école du Ballet national de Cuba où ils suivent une formation rigoureuse et exigeante. Âgés de 11 ans, ces triplés sont le seul trio de danseurs identiques dans le monde. Ils sont tous trois aussi talentueux et veulent être choisis pour une production de ballet au Grand Théâtre de La Havane. De passage à Cuba, le danseur-étoile José Carreño les encourage à poursuivre leur rêve. Réputés pour leur talent, leur technique et leur style, les danseurs cubains se distinguent sur la scène internationale comme José Carreño et Carlos Acosta.

D’abord reporter pour la presse écrite aux États-Unis et au Royaume-Uni, Sylvie Collier travaille comme réalisatrice indépendante pour la télévision britannique (les chaînes BBC, ITV et C4) depuis 20 ans.

Les membres du jury ont aussi remis le prix Prix ICI ARTV tremplin pour le monde au film d'Éric Côté et Jean-Dussault, LE VERTIGE DE L’ÉTOILE mettant en vedette le Canadien Guillaume Côté, danseur étoile du Ballet national du Canada de Toronto ainsi que compositeur et chorégraphe. Le film suit l’artiste dans ses déplacements durant près de deux ans : prestations à New York avec The Kings of the Dance, à Londres dans Roméo et Juliette et à Monterrey en duo avec son épouse, la danseuse étoile Heather Ogden. Une occasion de découvrir l’univers du ballet et de la danse contemporaine à travers le parcours d’un de ses artistes les plus accomplis.