Composition 5 — FLUX

La genèse de la composition 5 - FLUX puise ses origines dans une réflexion prospective faisant partie du programme de travail de la Fondation Télécom de l'Institut Mines-Télécom à Paris. 

La création de cette composition, s'est déroulé entre l'attendu et l'inattendu. Des événements aléatoires auraient pu interrompre le flux de sa conception, mais finalement, la facilité avec laquelle le mouvement a repris son cours — à l'instar de la nature qui redonne vie à des friches abandonnées qui semblaient mortes jusqu'alors — sert encore mieux notre propos. Son secret de fabrication illustre la puissance des flux qui nous relient.

Composition 5 | FLUX — BOUTEILLES À LA MER | LES CAHIERS DE L'IMAGINAIRE, photographie©pierreguité Auteurs (partenaires de la fondation télécom de l'institut mines-télécom à paris) : Pascale Bailly, Michel Bailly, Francine Bavay, Jean-Paul Belud, Ahalm Biou, Chantal Bonnet, Cécile Calé, Christelle Chabredier, Carine Dartiguepeyrou, Sylvie Dumas, Valérie Decroix, Corinne Ejeil, Adrien Fulda, Avelina Martin-Calvo, Hervé Naudin, Nathalie Poirier, Stéphane Renaud et Michelle Stien. 

Composition 5 | FLUX — BOUTEILLES À LA MER | LES CAHIERS DE L'IMAGINAIRE, photographie©pierreguité
Auteurs (partenaires de la fondation télécom de l'institut mines-télécom à paris) : Pascale Bailly, Michel Bailly, Francine Bavay, Jean-Paul Belud, Ahalm Biou, Chantal Bonnet, Cécile Calé, Christelle Chabredier, Carine Dartiguepeyrou, Sylvie Dumas, Valérie Decroix, Corinne Ejeil, Adrien Fulda, Avelina Martin-Calvo, Hervé Naudin, Nathalie Poirier, Stéphane Renaud et Michelle Stien. 

LE CONTEXTE

Il y a des moments où on a l'impression que tout se mélange pour converger dans la direction souhaitée. Une idée abstraite, très floue, prend forme grâce à des événements qui s'enchaînent les uns aux autres. Cette histoire commence à l'hiver 2014. Les Cahiers de l'imaginaire depuis leur création, bien que nés comme œuvre de l'esprit, s'incarnaient 'physiquement' dans une galerie d'art contemporain à Dinard en Bretagne. Au fil du temps, il est devenu évident qu'un lieu permanent dans une station balnéaire manquait de souffle culturel et intellectuel pour s'épanouir pleinement. Les énergies finissaient par se figer. L'air iodé et le vent de la mer ne suffisaient pas pour engendrer une véritable vie collective et créative. Le lieu restait confidentiel. Il fallait permettre aux idées créatrices de prendre leur envol... pour mieux se développer au grand air convivialiste.

Juillet 2014, c'était réglé. Le bail cédé, la galerie vivrait — autrement — sous la forme d'Éphémères qui pourraient naître — aux bons moments — là, où il y a de l'effervescence citoyenne, c'est-à-dire, dans des bouillons de culture de création.

Pendant ce temps, à Paris, la Fondation Télécom de l'Institut Mines-Télécom concoctait un nouveau cycle sur le thème de l'efficacité collective à l'ère numérique. Le programme de travail : « Intelligence collective, pensée latérale, P2P, organisation en réseau, communauté apprenante, entreprise à objet social étendu..., toutes ces notions véhiculent de nouvelles valeurs et de nouveaux comportements. Quel que soit leur registre (management, culture, structure, organisation...), elles témoignent d'une évolution qui se tisse dans l'ensemble de nos sociétés. Comment se caractérise cette efficacité collective dans les grandes entreprises, start-ups et PME, mais aussi au-delà dans les institutions publiques et les associations ? Quelles sont les différentes expressions de l'efficacité collective ? Qu'est-ce qu'agir efficacement et collectivement à l'ère numérique ? Quel rôle joue le numérique ? Certains environnements sont-ils plus permissifs ? Si oui, pourquoi ? En quoi l'efficacité collective a-t-elle évolué ? Quelles sont les attentes des jeunes générations ? Sont-elles différentes de celles de leurs aînés ? Comment est-elle susceptible d'évoluer dans les dix prochaines années? » Parmi les ateliers de réflexion prospective visant à associer la recherche à l'univers opérationnel, l'atelier 'intelligence collective et créativité' a été confié aux Cahiers de l'imaginaire. L'occasion idéale de créer un nouvel Éphémère et d'y joindre une création collective pour l'œuvre citoyenne convivialiste Bouteilles à la mer.

Cette réflexion collective a été conduite pendant un atelier en mouvement intitulé FLUX qui s'est déroulé au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris lors de la rétrospective de l'artiste canadien qui vit à New-York, David ALTMEJD. Un atelier déambulatoire pour stimuler une pensée évolutive. Revivez leur expérience et leurs réflexions dans le post  Sur les chemins — Éphémères.

LE PROCESSUS

Partage d'une image

Dans la logique du 'faire' et de l'expérience, les participants sont invités à partager une interprétation personnelle de FLUX.

Mise en commun des perceptions et des opinions

Les participants doivent compléter un questionnaire abordant les points suivants :
— Se perçoivent-ils comme étant créatifs ? Ont-ils besoin des autres pour créer ? Leurs rituels de création... Les domaines majeurs pour faire évoluer la société et celui dans lequel ils souhaitent intervenir ainsi que leur définition de l'intelligence collective. Vous pouvez consulter leurs réponses dans le post Sur les chemins — Éphémères

Utilisation d'une plateforme numérique

Ils sont invités à partager leurs photos et leurs liens avant, pendant et après l'expérience sur la plateforme 'Google+'. La majorité résiste, l'opération leur semble complexe. Un frein plutôt qu'un stimulant...

Les missions pendant l'atelier

Dès leur arrivée, le jour de l'atelier, en équipe de deux personnes, ils font une courte promenade dans les environs du musée pour identifier un problème qui leur semble important à résoudre pour améliorer la vie, la ville ou la société. Ce premier exercice est suivi par un jeu de théâtre invisible en faisant la queue pour acheter leur billet. Les équipes entrent en relation avec des inconnus pour leur demander leurs opinions sur le problème qu'ils ont identifié. Ils doivent observer la réaction des personnes et noter leurs observations.

L'efficacité collective ne pourra se développer sans une forte culture d'empathie. Il est facile d'utiliser ce mot dans les discours, mais il est beaucoup plus difficile et complexe de le mettre en pratique. L'intention visée par ce processus est d'encourager chaque participant à identifier la contribution qu'il souhaite apporter.

L'atelier et l'engagement

Vous pouvez suivre leur pensée et leurs propositions tout au long de l'atelier dans le post Sur les chemins — Éphémères.

La synthèse

Pour clore sur un geste symbolique fort, les participants sont invités à créer la cinquième composition de l'œuvre convivialiste 'Bouteilles à la mer'. 

L'imprévu

Il est midi. La cantine du musée est bondée. Les participants, par équipe de quatre, se trouvent des places et réalisent leur création entre plateaux-repas et brouhaha multilingue. Le contexte est surréaliste. Les clients de la cantine les regardent avec étonnement. Que font ces gens au juste ? On dirait qu'ils bricolent comme des gamins. Leur composition comprend huit petites fioles qui seront ensuite réunies. Intrigués, certains clients du restaurant voudraient se joindre à eux. À la fin de l'exercice, leurs créations sont rangées dans un porte-document. Le lendemain, coup de théâtre, le porte-document est subtilisé dans un hôtel parisien. Déception certes, mais il est hors de questions d'abandonner. On refera l'exercice en 2015. Un rendez-vous est pris le 12 janvier au Grand Palais à Paris. Le 11 janvier, choqués par les attentats, nous le reportons. Une nouvelle séance est prévue le 13 février. Peu de personnes sont disponibles et ne le sont pas à la même heure... le rendez-vous est toutefois maintenu avant que ne s'effacent les souvenirs subtils de l'atelier de décembre.

15h30 — Nathalie Poirier est rencontrée dans le café d'un nouveau musée parisien en bordure du Jardin d'acclimatation après la visite de l'exposition Contact d'Olafur Eliasson. Nathalie glisse des fils multicolores en légers tourbillons dans la première bouteille. 17h45 — Chantal Bonnet est retrouvée dans un café sur les Champs Élysées. Elle renforce les liens. Elle noue des fils multicolores ensemble. Ses noeuds sont fins. Chantal glisse le tout, en les faisant tournoyer dans la deuxième bouteille. 19h00 — Michelle Stien et Ahalm Biou — une artiste peintre qui entre dans le jeu avec un plaisir gourmand — sont attablées dans un café Gare Montparnasse. Michelle découpe les impressions minuscules des prénoms de tous les participants à la réflexion collective de décembre et les fait glisser entre les fils dans les deux bouteilles. Ahlam écrit des extraits des poèmes de Rami et de Saint-Exupéry sur des papiers jaune et rose. Elle en fait une tresse de papier qu'elle glisse dans la deuxième bouteille. Michelle colle une pièce d'un centime sur le couvercle argent... car il faut aussi repenser les flux économiques dans une société du mieux vivre. Ahlam relie les deux bouteilles avec un lacet. Un savant jeu de nœuds. Et voilà, le tour est joué, la cinquième composition est recréée. Les 17 participants, partenaires de la Fondation Télécom de l'Institut Mines-Télécom à Paris, sont désormais 18 signataires de la Composition 5 | FLUX

Pascale Bailly, Michel Bailly, Francine Bavay, Jean-Paul Belud, Ahalm Biou, Chantal Bonnet, Cécile Calé, Christelle Chabredier, Carine Dartiguepeyrou, Sylvie Dumas, Valérie Decroix, Corinne Ejeil, Adrien Fulda, Avelina Martin-Calvo, Hervé Naudin, Nathalie Poirier, Stéphane Renaud et Michelle Stein. **