Composition 3 — CRÉA

Troisième voyage | Mons | Belgique | Décembre 2013
Titre de la composition | CRÉA

MONS. L'année touche à sa fin. Ce sera les dernières compositions de 2013. J'écris 'les' parce que cette fois il s'agit d'un tandem d'éprouvettes. Je vous expliquerai. Lorsque le train entre en gare, il fait nuit depuis un certain temps déjà. J'ai l'Impression de marcher longtemps. La foule est compacte. Une multitude de talons résonnent sur la surface métallique. Les voyageurs, chargés de sacs et de paquets, avancent dans une même direction. On pourrait croire un ballet russe de Noël, version montoise. Sauf qu'ici, les tuques en tricot surmontées d'un pompon remplacent les toques de fourrure. Tendance de saison, surtout si le pompon est fabriqué à partir de fourrure récupérée d'une ancienne toque ou d'un vieux manteau. Une touche définitivement moderne et définitivement DD* qui ne laissera pas d'empreintes environnementales lorsque nous passerons à autre chose. Sauf si le pompon est en fausse fourrure fabriqué à partir d'une matière qui n'est pas biodégradable et qui, en fin de piste, fera encore plus de tort aux animaux. Tout n'est pas si simple dans un monde complexe qui se veut plus conscient et plus responsable. Un peu d'obscurité, quelques effets sonores, de la mobilité… Il n'en faut pas davantage à nos imaginations pour se mettre en mouvement. Tout devient alors matière à réflexion, matière à création. C'est l'essence de ce que j'essaie de partager dans les séminaires de créativité que j'anime en marchant. Un esprit mobile et ouvert est toujours plus créatif.

photo: projet de la gare de Mons avec l'architecte Santiago Calatrava. E.G. La province. (Réf. Immovlan.be) 

photo: projet de la gare de Mons avec l'architecte Santiago Calatrava. E.G. La province. (Réf. Immovlan.be) 

La lumière apparaît lorsqu'on aperçoit un bâtiment entre les échafaudages. C'est la gare actuelle qui sera remplacée par une passerelle qui agrandira la ville. Ce projet permet de rénover tout un quartier. La nouvelle gare-passerelle a été imaginée par l'artiste, architecte et ingénieur, Santiago Calatrava Valls. Elle reliera le centre-ville aux Grands Prés, un quartier récent doté d'un grand centre commercial, et bientôt, entre les deux, un centre des congrès, un hôtel et d'autres nouvelles constructions. La ville de Mons est en effervescence. Elle est la capitale européenne de la culture en 2015 ! Coup d'éclat pour une si petite ville.

Lorsqu'on connait l'attirance de l'architecte espagnol pour les systèmes vivants, les structures organiques, le corps humain, la nature... cela éveille curiosité et désir de cette future gare. L'architecte a d'ailleurs plusieurs gares à son actif dont la plus spectaculaire d'Europe à ce jour, la gare des Guillemins à Liège.

photo: gare des Guillemins, Liège, Belgique. Bert Kaufmann (Réf. Immovlan.be)

photo: gare des Guillemins, Liège, Belgique. Bert Kaufmann (Réf. Immovlan.be)

Un beau livre a été publié par Assouline sur les différents travaux de Calatrava. Pour tous ses projets, l'architecte s'efforce de respecter trois axes : l'Utilité, la Beauté et la Solidité (sous-entendant la pérennité). Pour lui, l'architecture est la rencontre de tous les arts comme en témoigne son parcours. Après une formation en architecture de l’Escuela Tecnica Superior de Arquitectura de Valence et un 3°cycle en génie civil de l’École polytechnique fédérale de Zurich, il s’inscrit à des concours d’architecture et remporte le premier prix pour la conception et la construction de la gare de Stadelhofen à Zurich : sa première gare.

Un architecte qui imagine des gares, un ingénieur qui les construit, est forcément un artiste avec qui nous avons des affinités aux Cahiers de l'imaginaire, nous qui faisons du mouvement, une force de création. Santiago Calatrava Valls est aussi réputé pour ses ponts vertigineux qui s'élancent au-dessus des villes et des rivières.

photo: Pont de l'Alamillo. Séville, Espagne. Andrew Dunn.

photo: Pont de l'Alamillo. Séville, Espagne. Andrew Dunn.

New York, la ville où il réside, lui rend souvent hommage. En 2003, le Metropolitan Museum of Art (MOMA) a organisé une grande exposition de son travail intitulée Structures et Expressions et en 2005, Santiago Calatrava: Sculpture into Architecture. En 1992, le RIBA à Londres a fait une rétrospective de son travail ainsi que le Musée Deutsches à Munich. En 2000, c'était le Palazzo Strozzi à Florence qui présentait Santiago Calatrava: Artiste, architecte, ingénieur, une exposition de maquettes architecturales, sculptures et dessinsEn 2003, à Vienne, au Musée Kunsthistorisches : Santiago Calatrava: Wie sin Vogel (Comme un oiseauet ainsi de suite jusqu'au Musée l'Ermitage de Saint-Pétersbourg : Calatrava : la quête du mouvement

On roule dans la ville. Tout est calme. L'accent italien du conducteur réchauffe l'atmosphère. Quelques minutes plus tard, nous y sommes. Il y a des travaux, je ne vois pas trop où je suis. Rien de vraiment spectaculaire jusqu'au moment où les portes de verre s'ouvrent sur une musique endiablée. Corps en mouvement. C'est la soirée Salsa. Au quatrième étage, les portes de l'ascenseur s'ouvrent sur un clair-obscur. J'ai l'impression d'être dans Le loup des steppes d'Erman Hesse. J'avance lentement entre les murs peints en noir, l'obscurité est entrecoupée de portes blanches et de numéros imprimés en peinture fluorescente blanche sur la moquette noire. Qu'y a-t-il derrière chaque porte ? Sur la moquette, on dirait qu'un enfant doué a finement dessiné ses rêves à la craie blanche et rouge. Courtes phrases, petits dessins, marmites et sorcières… je marche dans un conte. 

Le lendemain matin, en ouvrant les yeux, je découvre sur le haut du mur, une petite fenêtre carrée. On dirait un petit tableau ou un écran vidéo tant la composition est étrange. Le ciel est traversé d'une fine branche d'arbre sur laquelle quelques feuilles semblent être en équilibre précaire. Je suis au quatrième étage. Je ne vois pas l'arbre. Je ne vois que cette branche, semblant suspendue dans le vide, flottant dans un petit carré de ciel. 

Dessins Pierre Guité, 2013

Dessins Pierre Guité, 2013

Eric Lardinois est titulaire du seul cours universitaire en Stimulation de la créativité de la Communauté Française. (Université de Mons, Faculté Polytechnique) et possède une expérience de plus de 15 ans dans la formation, le coaching et la consultation en management de la créativité en Belgique, en France et en Suisse. Il est l’auteur de plusieurs techniques de stimulation et de supports de sensibilisation à la créativité. Enfant, il a tellement aimé jouer qu'il en a fait un doctorat !

Pourquoi un tandem d'éprouvettes ? Pour le symbole de mes retrouvailles avec Éric que j'ai connu à Paris il y a une dizaine d'années et pour officialiser le souhait d'un rapprochement avec la Belgique et ses esprits créatifs. Mes premiers pas à Namur ont été porteurs, voyons ce que mes premiers pas à Mons réservent. 

Photo : Fanny Godard — École Polytechnique de Mons.

Photo : Fanny Godard — École Polytechnique de Mons.

Je découvre la petite bande de l'École CRÉA à l'École polytechnique de Mons. Point de départ de notre aventure. Une première émotion au réveil… l'ouverture à l'inattendu et le plaisir anticipé de découvrir une troupe qui sera forcément joueuse puisque c'est Éric qui les a réunis. 

L'intelligence émotionnelle est la plus importante des intelligences. Les mêmes réalités seront différentes selon l'émotion que nous décidons d'y associer. Éveiller son désir, affûter ses sens pour recevoir le meilleur de l'expérience, focaliser ses émotions pour encourager le développement de toutes ses autres formes d'intelligence, se lancer des défis de découvertes et d'apprentissage… met le cerveau en bonnes dispositions d'évolution.

Dessins Pierre Guité, 2013

Dessins Pierre Guité, 2013

S'émouvoir, le premier verbe d'action de la journée pour renforcer notre mémoire.

Photo Nadine Joelants Fanny Godard, Magalie Meyer, Yves Voglaires et Christine Englebert

Photo Nadine Joelants
Fanny Godard, Magalie Meyer, Yves Voglaires et Christine Englebert

Désirer le jour qui vient sans savoir ce qu'il apportera… « Le plus important pour un artiste, c'est de ne pas savoir. C'est seulement quand on ne sait pas qu'on est susceptible de découvrir quelque chose : autrement, à quoi bon être artiste ? » Voilà, tout est dit par la star de l'art contemporain Anish Kapoor, l'un des artistes les plus innovants de sa génération. C'est pourquoi il me semble essentiel de laisser les marcheurs découvrir les destinations en chemin... sans savoir où cela les mènera.

La veille, j'ai placé dans la ville des rubans rouges… pour marquer notre parcours. Derrière ce geste, il y a le souhait de Surprendre… d'attirer l'attention sur de petits riens. Multiplier les pauses brèves et fugaces qui favorisent la descente en soi, la fluidité intérieure, pour s'inventer des échappées.

Photo Fanny Godard

Photo Fanny Godard

Dans un monde qui va de plus en plus vite, apprendre à Voir est une véritable discipline. 

Photo : Nadine Joelants Exposition au Grand-Hornu - les musées d'art contemporain de la Fédération Wallonie-Bruxelles jusqu'au 27 février : Phantasmagoria de Tony Oursler

Photo : Nadine Joelants
Exposition au Grand-Hornu - les musées d'art contemporain de la Fédération Wallonie-Bruxelles jusqu'au 27 février : Phantasmagoria de Tony Oursler

Dans un monde où tout peut nous échapper, savoir poser son regard sur la beauté d'un détail est un art d'Être et de Vivre. Le vagabondage est l'acte-fondateur pour provoquer ces rencontres avec le Beau.

Le meilleur compagnon est le carnet ou la tablette qui permet de prendre des notes. Un mot suffit à mettre la mémoire et l'imaginaire en mouvement. Tandem parfait de création pour se souvenir des belles choses...

Photo Nadine Joelants Magalie Meyer, Fanny Godard, Marianne Behaeghel, Christine Englebert, Muriel Philips, Éric Lardinois et Yves Voglaire

Photo Nadine Joelants
Magalie Meyer, Fanny Godard, Marianne Behaeghel, Christine Englebert, Muriel Philips, Éric Lardinois et Yves Voglaire

Respirer. Marcher. Vagabonder. 
Le plaisir de redevenir nomade dans un  monde qui a fait de nous des sédentaires…  Le cerveau a besoin d'air, il consomme un cinquième de notre oxygène. La marche est le moyen par lequel nous projetons notre action. Il est donc essentiel de sortir marcher pour réfléchir.

D'un ruban rouge à l'autre, nous avons retrouvé des philosophes et des artistes pour qui la marche a été étroitement liée au développement de leur pensée. Premier arrêt, Socrate. Sa philosophie est liée à la marche dans la ville. L'accumulation de scènes, d'anecdotes lui permet de partir du concret pour arriver à l'idée. En sortant de la ville, il s'aperçoit qu'il est attiré par le lyrique et la mythologie. Nous pensons différemment selon l'endroit où nous marchons. Deuxième arrêt, Rousseau. Il a introduit dans la littérature et la philosophie, l'importance de la marche à pied. Ce que l'on ressent dans notre corps : l'élan, la fatigue, le mouvement, la nature qui nous entoure, la circulation du sang…  Pour lui, à son époque, c'est un acte roturier, un acte politique. La marche nous engage avec les autres marcheurs. Nous sommes un parmi les autres. Troisième arrêt : Nietzche. Pour lui, la marche est un déséquilibre systématiquement rattrapé. Les pensées élaborées pendant la marche sont des idées nouvelles. Idées qui obligent à chercher un nouveau sens. On se met en danger par le doute, puis on trouve une idée, on se rattrape et on avance. Quatrième arrêt, Basho. La pensée vient en marchant. Poètes et écrivains la pratiquent depuis la nuit des temps. Le poète japonais Basho, l'inventeur des Haikus, est certainement l'exemple le plus éloquent. Il marchait une journée entière et le soir avant de s'endormir, il écrivait d'un trait un poème simple, spontané et sensible qui résumait l'émotion ressentie pendant sa journée de marche.

Photo Nadine Joelants Éric, Christophe, Sylvie, Marianne, Isabelle, Christine et Fanny.

Photo Nadine Joelants
Éric, Christophe, Sylvie, Marianne, Isabelle, Christine et Fanny.

Dessiner.
L'heure est venue de prendre le car… moment rêvé pour dessiner ! Ce moyen d'expression élémentaire et fondamental que nous développons tout naturellement enfants et que nous perdons en vieillissant si nous ne sommes pas artistes ou designers. Le dessin est pourtant une façon d'imaginer de nouvelles façons de vivre de manière plus intuitive. C'est aussi une façon de communiquer sur l'essentiel. Un dessin appelle l'esprit de synthèse. Dessiner est une saine habitude de vie. Si cela est complexe de dessiner en marchant, rien n'empêche de dessiner en roulant… le mouvement du trait dans le mouvement du car… autres prétextes… pour se connecter à sa fluidité intérieure.

Photo : Nadine Joelants

Photo : Nadine Joelants

Ce qui est amusant ensuite, c'est de tenter de déchiffrer le dessin de l'autre. D'un essentiel à l'autre… Comment mieux partager nos imaginaireset nos rêves ? 

Photo Fanny Godard

Photo Fanny Godard

Photo : Fanny Godard

Photo : Fanny Godard

La promenade se poursuit dans un musée d'art contemporain, le GRAND-HORNU, un lieu réhabilité qui rejoint le cœur de nos réflexions sur l'émergence d'une société du mieux vivre.

La façon dont son fondateur, Henri De Gorge, l'a conçu et progressivement bâti comme un complexe regroupant sur un même site les différents ateliers et la main-d'œuvre, est un modèle d'entreprise socialement avancée pour son époque. Comme l'écrivent Jérôme André et Denis Gielen dans la publication qui retrace l'histoire du lieu : « ...au sens où la question de la répartition des richesses produites, propre à toute exploitation collective, y trouve momentanément une réponse pour le bien-être que procure à l'ouvrier l'accès, sur le site même, à une maison unifamiliale ainsi qu'à des services qui, comme l'école ou les loisirs, n'étaient pas encore des acquis sociaux. » Même s'il avait choisi d'y vivre avec sa famille, projet interrompu à cause de son décès, Henri De Gorge n'était pas pour autant un utopiste. « La paix sociale, propice à son charbonnage, fut sans aucun doute le premier pilier sur lequel il s'appuya pour faire de son charbonnage un établissement exemplaire. »

Les historiens associent ce qu'il a créé à d'autres entreprises modèles qui furent aussi fondées au XIXe siècle et qui s'inscrivaient dans un courant de pensée alternatif à la société industrielle bourgeoise.

Photo : Nadine Joelants

Photo : Nadine Joelants

Photo : Fanny Godard

Photo : Fanny Godard

« Au XIXe siècle, la disparition partielle des structures de l'Ancien Régime et la foi enthousiaste dans les progrès, tant techniques qu'humains et sociaux, ouvrent un vaste champ spéculatif sur l'organisation idéale de la société. Des expériences idéalisées sont menées surtout en Amérique où tout (ou presque) est à construire. Sur le vieux continent, des entrepreneurs (idéologues ou non) tentent de structurer la population autour de leur projet industriel. Au Grand-Hornu, Henri De Gorge n'est pas à proprement parler un utopiste ; on ne lui connaît aucune œuvre écrite ou théorique par laquelle il aurait exprimé sa vision d'une société idéale. Néanmoins, sur le plan de la réalisation, il fut incontestablement visionnaire et participa de manière éclairée à la constitution d'une société civile moderne fondée sur l'éducation. »

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Photo : Fanny Godard

Photo : Fanny Godard

J'ai choisi de faire du hasard mon allié. En amont, je fais mes recherches et je me prépare. En action, je suis le mouvement avec les autres. Je suis co-acteur avec l'aléatoire. Il suffit d'être attentif, d'entendre ce qu'il dit. J'aurais eu à choisir, par exemple, le nom du restaurant, je n'aurais pu mieux faire… choisir un lieu de créativité dont le nom laisse entendre que nous pourrions être ici et ailleurs, dans un même espace temps, invite à toutes les rêveries... Partout dans les villes il y a des traces de poésie laissées par les uns et les autres.

Le plaisir de la table estétroitement lié au plaisir de la convivialité. Autour d'une table, mille choses peuvent se dire, s'échanger, se partager. C'est la première composition d'éprouvettes créée dans un restaurant en déjeunant… cela laissera sûrement des traces.

Photo : Fanny Godard

Photo : Fanny Godard

On échange sur l'importance de rêver la nuit et le jour, de voir ses rêves, de les dessiner. Discussion sur l'écosophie... être parmi la nature, co-évoluer avec elle. Et voilà, déjà le dessert, il est temps de se mettre au travail. À peine le tandem d'éprouvettes sorti de mon sac, les consignes données... les doigts des joueurs s'activent. Les éprouvettes sont minuscules. Il faut des doigts agiles.

Photo : Nadine Joelants

Photo : Nadine Joelants

Photo : Fanny Godard Christophe et Nadine

Photo : Fanny Godard
Christophe et Nadine

Le premier groupe crée l'éprouvette qui symbolise le jaillissement de toutes les énergies, de toutes les saveurs, de toutes les odeurs. Jaillissement de la vie et de ce qui en fait son piquant : le sel et le poivre ! Ici et ailleurs... la créativité collective pour co-construire demain. 

Photo : Fanny Godard

Photo : Fanny Godard

Dans le plaisir et l'effervescence, Marianne, Christophe, Éric, Fanny et Muriel ont créé, la première moitié de la composition. Quelques minutes leur ont suffi pour s'entendre et réaliser la composition finale ! L'équipe multidisciplinaire est dans le mouvement… le thème même de ce séminaire pour favoriser l'émergence d'une société créatrice et convivialiste.

Photo : Nadine Joelants

Photo : Nadine Joelants

Le deuxième groupe a la chance d'avoir parmi eux deux artistes : Yves, le designer et Mariane, la professeure d'art. 

Photo : Nadine Joelants Marianne, Isabelle, Yves et Christine.

Photo : Nadine Joelants
Marianne, Isabelle, Yves et Christine.

Réflexion collective. L'Homme comme ami de la nature. Fin d'une domination abusive. L'Homme d'un côté, la Femme de l'autre… entourés d'herbes hautes, faisant corps avec la nature, parmi elle, apprenant d'elle.

Photo : Nadine Joelants

Photo : Nadine Joelants

Le couple universel du XXIe siècle : un tandem d'écosophes ! Voilà, la Composition Créa pour le monde de demain : un couple convivialiste vivant au sein d'une société de créativité collective.

Photo : Nadine Joelants

Photo : Nadine Joelants

Et nous reprenons la route. Avant de partir pour nourrir notre imaginaire, l'exposition PHANTASMAGORIA de Tony Oursler. Marianne entre tout naturellement dans le monde Lillupitien de l'artiste.

Photo : Nadine Joelants

Photo : Nadine Joelants

Photo : Nadine Joelants

Photo : Nadine Joelants

Dans l'infiniment petit, les connexions entre les choses semblent encore plus extraordinaires.

Photo : Nadine Joelants

Photo : Nadine Joelants

C'est la première fois qu'une exposition monographique est consacrée à Tony Oursler en Belgique. En quittant le cadre pour imaginer ses projections, Tony Oursler a révolutionné l’art de la vidéo notamment avec son concept de « sculpture-écran». Il est aujourd’hui l’un des plasticiens américains les plus importants de notre époque. Il a réalisé, entre autres, le clip vidéo de Where are we now ? pour David Bowie.

On quitte ce lieu qui a su construire un pont virtuel entre le XIXe et le XXIe siècle.  Un lieu qui témoigne que les théoriciens parlent d'utopie, alors que les entrepreneurs qui voulent créer des entreprises exemplaires en suivant une logique de réussite et du souci de l'autre.

La séance se termine par un photomaton façon Warhol avec l'exposition Life, Death and Beauty d'Andy Warhol à l'occasion de la réouverture du BAM !  

Après avoir partagé nos idées d'une cité idéale : des pyramides de verre inversées pour co-rêver en plein ciel, des ateliers pour créer des objets à partir de rebus et de déchets, une place ouverte pour acquérir de nouvelles compétences, développer ses talents et des projets qui ont du sens pour la communauté, une démocratie cellulaire, plus de gouvernement central, mais de petites cellules autonomes qui règlent les problèmes des citoyens en les invitant à participer aux solutions, des cafés qui permettent de vraiment se rencontrer, d'échanger, de collaborer, de s'entraider.... bref du lien, du lien et encore du lien... le seul chemin pour améliorer les choses.

Merci à Éric Lardinois et à l'équipe de l'École CRÉA (Management de l'innovation) pour cette troisième composition du projet Bouteilles à la mer.

  1. * Développement durable
  2. * Instant t — une expression qui  vient de la physique et des mathématiques où le temps est symbolisé par la lettre t : au début d'une expérience on exprime t égal 0 puis t égal 1, 2, 3, (secondes minutes ou heures etc.) Lorsque l'on parle d'un instant quelconque, mais fixé, t n'a pas de valeur, c'est juste l'instant t. Cela a été repris dans la vie courante pour parler de l'instant précis d'une action. (Référence Pouquoi.com)
  3. Interview d'Anish Kapoor par la romancière Francesca Segal pour Vogue, décembre 2013
  4. Le Grand Hornu d'Henri De Gorge, Plus que de raison sous la direction de Laurent Busine, 2010