Leonard Bernstein et Herbert von Karajan

deux chefs ┃deux destins

Film vus à Montréal à la 34e édition du Festival International du Film sur l'Art.

Le combat des chefs fait le parallèle entre deux géants qui ont énormément contribué à la musique : Leonard Bernstein et Herbert von Karajan. J'avoue avoir peu d'attirance pour le dernier, un chef admiré qui savait toujours où il voulait mener son orchestre et dont l'apport est majeur. Il a consacré sa vie à la direction d'orchestres. Karajan a même négocié un contrat à vie avec l'Orchestre Symphonique de Berlin tant il voulait s'investir entièrement dans ses fonctions. Perfectionniste et passionné, il est décédé en dirigeant un orchestre pendant un concert... Dans une interview, il mentionne qu'il lui faudra une autre vie pour accomplir tout ce qu'il souhaite faire avec son orchestre. Une vie ne lui suffisait pas. 

Son passé (il a été membre du Parti Nazi), son orgueil concernant son image, un autoritarisme de fer et une obsession pour faire les choses à sa manière lui ont valu une mauvaise réputation qui persiste encore aujourd'hui. Plusieurs l'ont brûlé sur le bûcher des vanités, risquant d'oublier ses contributions. Si vous souhaitez en savoir plus sur ce chef d'orchestre, Tom Service a publié un excellent article dans The Guardian après la diffusion du film Karajan's Magic and Myth de John Bridcut's présenté aussi au FIFA.(1)

Personnellement, je suis plus attirée par la personnalité de Leonard Bernstein, pianiste, compositeur et chef d'orchestre qui était aussi un merveilleux pédagogue. Bernstein est un créateur généreux, à l'opposé de Karajan, il est très sympathique et chaleureux. Il a contribué à la renaissance du Philarmonique de New York qui était en piteux état quand il en a pris la direction. Il explique que:

« Dès que le Philarmonique de New York a pris conscience qu'il était le meilleur orchestre en termes de flexibilité, dès qu'il a compris sa capacité de passer d'une œuvre à l'autre, il a pu retrouver sa fierté et devenir le meilleur orchestre du monde. »

Réalisatrice de documentaires et de captations de concerts, Emmanuelle Franc a réalisé un film passionnant qui met en lumière ces deux hommes et leurs multiples contributions à une époque d'innovations importantes : la naissance des studios d'enregistrement et la télévision. 

Herbert von Karajan, sous le regard bienveillant de Leonard Bernstein, nous apparaît plus sympathique. Brillantisssime, sensuel, créatif, Bernstein n'est pas seulement un compositeur, un chef d'orchestre et un professeur, Bernstein est la musique ! 

Un parallèle entre les deux hommes : Tous deux ont aimé et été aimés... Ils ont eu des vies conjugales heureuses. Pas mal, comme aide à la création !


Les chefs d'orchestre Leonard Bernstein (1918-1990) et Herbert von Karajan (1908-1989). Des destins aussi divergents que parallèles. Ces deux titans ont dominé le monde de la musique classique au XXe siècle, reflétant les antagonismes de leur époque. Mais ils se sont également distingués en rénovant l’industrie du disque, de la télévision et de l’opéra. L'immense talent de ces icônes des années 1970, jumelé à leur pouvoir de séduction, leur a permis de démocratiser la musique classique. 


Filmographie d'Emmanuelle Franc | Alphaville, périphériques (2003) ; L'homme à l'écoute(2005) ; Les mystères d'une œuvre : Pelléas et Mélisande (2003) ;Bartok l'homme juste (2006) ; Le secret de l'homme au gant (2007) ; Menahem Pressler : la consolation (2009) ; Esa Pekka-Salonen, anti-maestro (2011).

(1) http://www.theguardian.com/music/tomserviceblog/2014/dec/04/herbert-von-karajan-film-john-bridcut-controversy-continues

L'art n'est rien sans ses histoires. Sauvons le FIFA