RESPIRATION DE LA TERRE

Dans le très beau film du cinéaste allemand Thomas Riedelsheimer, présenté au 32e Festival du film sur l'art à Montréal, au mois de mars 2014, l'artiste japonais Usumu SHINGU, nous fait apprécier les beautés du monde. Dans les pas de l'artiste, nous devenons vent, herbes, libellules. 

Avec Usumu SHINGU, sur les bords de mer, des cerfs-volants s'envolent. Les rêves prennent le large. Les champs de riz se transforment en terrains de jeux. Les étangs, en temples de méditation. L'artiste nous invite à courir derrière le vent pour observer ses manifestations. Il nous incite à lever les yeux au ciel et surtout nous implore d'arrêter de massacrer la terre.

Le ton calme de sa voix, la sagesse de ses propos, sa façon de voir... est comme une grande respiration intérieure qui redonne souffle à la vie. Après le visionnement d'une quarantaine de films, celui-ci habite toujours avec autant d'intensité, pas étonnant qu'il ait remporté le prix du jury.

Pour Usumu SHINGU, la nature a tout à nous apprendre si on sait l'observer, si on se laisse guider par ses forces et ses manifestations. Ses réponses sont souvent plus sages que les nôtres. Le vent, par exemple, n'a ni début, ni fin. Il est invisible. On le voit par les motifs qu'il crée. L'artiste en art visuel passe des heures à l'observer au point où il devient lui-même vent. Il dit avoir appris ainsi tant de choses de la vie. La nature est un miroir qui reflète des milliers d'interactions, de connexions subtiles, de rythmes. Le film les donne à voir avec les yeux d'Usumu SHINGU.

Pour lui, la pire des choses est d'apprendre aux enfants à être adultes. L'artiste insiste sur l'importance de conserver notre regard d'enfant pour toujours continuer de regarder avec gourmandise ce que l'on s'apprête à découvrir.


Breathing Earth: Susumu Shingu's Dream
ALLEMAGNE / THOMAS RIEDELSHEIMER / 2012 / COULEUR / 93 MIN / ANGLAIS, JAPONAIS S.T. ANGLAIS