DYNAMO

CRÉER AVEC DE LA LUMIÈRE POUR INVENTER DU MOUVEMENT 

L'exposition se rapproche davantage d'une conversation stimulante avec des artistes de toutes disciplines qui nous entraînent dans un grand mouvement créatif. Le commissaire général, Serge Lemoine, professeur émérite à la Sorbonne et Matthieu Poirier, historien de l'art, assistés de Marianne Le Pommeré et Dominique d'Orgeval n'ont pas hésité à transformer le Grand palais en terrain de jeux propice à diverses expérimentations sensorielles et plastiques, suscitant la perte de repère pour tous ceux qui ont expérimenté la visite de DYNAMO, un siècle de lumière et de mouvement dans l'art. 

Ann Veronica Janssens Daylight blue, sky blue, medium blue, yellow, 2011 Brouillard artificiel, filtres colorés Dimensions variables Paris, galerie Air de Paris et galerie Kamel Mennour  © Courtesy Air de Paris, Galerie Micheline Szwajcer & kamel mennour, Paris.  © Adagp, Paris 2013 

Ann Veronica Janssens
Daylight blue, sky blue, medium blue, yellow, 2011

Brouillard artificiel, filtres colorés Dimensions variables

Paris, galerie Air de Paris et galerie Kamel Mennour
 © Courtesy Air de Paris, Galerie Micheline Szwajcer & kamel mennour, Paris.
 © Adagp, Paris 2013 

«  Le mouvement, la lumière s'affirment comme deux des thèmes majeurs traités par les artistes du XXe siècle et ceux d'aujourd'hui : il s'agit bien d'une grande tendance, se manifestant dans la durée... Plutôt que de traduire par une image un phénomène physique, atmosphérique ou lumineux, ils vont agir sur la vision, intervenir sur la perception. Au lieu de peindre des motifs colorés, ils vont se servir de la couleur. Enfin, ils vont accorder de l'attention à celui qui regarde en stimulant ses sens et en cherchant à le faire participer » écrit Serge Lemoine dans le texte d'introduction du catalogue. 

« Grâce à l'abstraction, leur rapport à la réalité a été changé, leur liberté a été plus grande, leur capacité d'innover facilitée et stimulée, leurs recherches plus ouvertes, leurs moyens sont devenus sans limites grâce aux avancées technologiques. Il s'agit d'une tendance profonde qui s'inscrit dans la longue durée. Elle représente l'une des expressions du positivisme, elle est fondée sur l'expérimentation, elle est mue par le goût d'entreprendre, elle trouve sa justification dans l'action.... Elle constitue l'une des manifestations de la mentalité du XXe siècle, qui s'exprime notamment dans la notion de progrès et qui reste toujours actuelle. »

 

Ann Veronica Janssens Daylight blue, sky blue, medium blue, yellow, 2011 Brouillard artificiel, filtres colorés Dimensions variables.  Paris, galerie Air de Paris et galerie Kamel Mennour  © Courtesy Air de Paris, Galerie Micheline Szwajcer & kamel mennour, Paris.  © Adagp, Paris 2013   

Ann Veronica Janssens
Daylight blue, sky blue, medium blue, yellow, 2011

Brouillard artificiel, filtres colorés Dimensions variables.
 Paris, galerie Air de Paris et galerie Kamel Mennour
 © Courtesy Air de Paris, Galerie Micheline Szwajcer & kamel mennour, Paris.
 © Adagp, Paris 2013 

 

Voir le XXe siècle à travers cette tendance de l'art a été une expérience ludique à souhait qui a su relier les œuvres et les idées des pionniers et des artistes contemporains... ainsi que les intentions avec lesquelles ils ont conduit leurs quêtes et expérimentations.

Sur le territoire du sensible, le langage n’est plus le même. Les cinq sens s’éveillent pour participer à l'échange qui s’établit à l'instar d'une danse. Chacun de nous trace un cercle de réalité sensible pour guider notre perception et notre compréhension des phénomènes inhabituels. Au contact de l’art qu’il soit musical, visuel ou conceptuel... notre cercle sensible s’élargit et entre dans le cercle intime et sensible de l’artiste-créateur. La conversation qui s’installe alors est d’une richesse inouïe, nourrie des surprises et des provocations que l’œuvre suscite en nous et entre nous. 

Christian Megert Environment, documenta 4 1968 Miroirs, bois, acrylique 400 × 400 × 400 cm Berlin, avec l’amabilité de la galerie Volker Diehl et Christian Megert Photo : © Peter Lengemann © Adagp, Paris 2013  

Christian Megert

Environment, documenta 4 1968

Miroirs, bois, acrylique 400 × 400 × 400 cm

Berlin, avec l’amabilité de la galerie Volker Diehl et Christian Megert
Photo : © Peter Lengemann © Adagp, Paris 2013

 

C'est ce jeu de la perception qui fait fondre les limites entre le réel et le virtuel que l'exposition DYNAMO, un siècle de lumière et de mouvement dans l'art a particulièrement réussi.  Nous avançons, à tâtons, sur la ligne du sensible, la ligne de l’étrangeté à mi-chemin entre le visible et l’invisible, entre la lumière et l’obscurité... rien ne peut se définir complètement. Car là où l’artiste a arrêté de créer son œuvre, le regardeur reprend le processus créatif... Tout cela nous emporte malgré nous. Quand l’art nous touche, nous sommes agis.

Certains artistes font un véritable effort pour réduire la distance entre le créateur et le spectateur. On assiste à des œuvres qui existent une fois que les spectateurs sont à l’intérieur. L’œuvre devient alors laboratoire. Plusieurs œuvres de ce type ont été présentées pour le grand plaisir des spectateurs prêts à jouer.

Les artistes cinétiques excellent pour nous aider à perdre nos repères. Il faut finalement peu de choses pour perturber nos perceptions et remettre en question nos certitudes.

Marina Apollonio Dinamica circolare  1968 Bois peint, moteur D. 40 cm ; base 60 × 60 cm Collection particulière   © Collection particulière 

Marina Apollonio
Dinamica circolare
 1968
Bois peint, moteur
D. 40 cm ; base 60 × 60 cm
Collection particulière 
 © Collection particulière 

Il n’y qu’à voir l’œuvre d’Anish Kapoor Islamic Mirror, 2008 présentée à l'entrée de l’exposition pour illustrer ce phénomène. Le regardeur se place devant les miroirs noirs pour se découvrir tête à l’envers transformé en hologramme. 

Une promenade vivifiante entre sciences exactes, mathématique et phénoménologie. Chaque œuvre remet en question le réel et la perception que nous en avons. Et le regard sur les autres aux prises avec l'étonnement que suscite la rencontre avec les œuvres, un bonheur ! Que ce soit le labyrinthe reconstitué du Groupe de recherche d’art visuel (GRAV), 1963 ou Les boîtes à flash, 1964, de François Morellet, on pourrait rester des jours dans ce lieu d'expérimentation.

Il n’est pas toujours facile d’être juste assez déstabilisé pour se mettre dans un état créatif... le contact avec l’art est un puissant transistor pour notre imaginaire. C’est un jeu sensible qui nous met en état d’accueil pour nous ouvrir à un nouveau dialogue, plus intime, plus sensible, plus sensitif.

Notre cerveau est une puissante machine à rêver. L’art est un puissant levier. Musées, centres d’art, galeries... sont des lieux d’apprentissage exceptionnels. Ils sont des intercesseurs dans un monde complexe pour que les artistes et les non artistes puissent communiquer.

Pour poursuivre l'échange, nous recommandons le catalogue de l'exposition qui contient une mine d'information et de documents d'archives sur l'histoire de l'art optique, lumineux et cinétique.